Le député caquiste Simon Jolin-Barrette

Scrutin proportionnel: l’actuel système sert les intérêts du PLQ, dit la CAQ

Le caquiste Simon Jolin-Barrette a sorti l’artillerie lourde, mercredi, pour dénoncer le fait que le gouvernement Couillard rejette tout projet de réforme du mode de scrutin qui inclurait des éléments de proportionnalité. Le député l’accuse de camper sur l’actuel mode de scrutin «uninominal à un tour» parce que celui-ci sert les intérêts du Parti libéral du Québec.

«Pourquoi la ministre favorise les intérêts du Parti libéral au détriment de tous ceux des Québécois?», a lancé M. Jolin-Barrette à Kathleen Weil, responsable de la Réforme des institutions démocratiques au sein du gouvernement de Philippe Couillard.

Tout comme le Parti québécois et Québec solidaire, la Coalition avenir Québec s’est engagée à présenter un projet de loi instituant «un mode de scrutin proportionnel mixte compensatoire» — si elle prend le pouvoir en octobre.

Chaque électeur disposerait de deux votes avec ce mode de scrutin envisagé pour 2022. Le premier servirait à élire 75 députés de circonscription et le second une cinquantaine d’élus provenant de listes régionales constituées par les partis.

Refus

Le gouvernement a refusé de débattre d’une résolution de la Coalition avenir Québec demandant que «l’Assemblée nationale exprime son souhait qu’une réforme du mode de scrutin qui inclurait un élément de proportionnalité soit mise en place dès la première année de la prochaine législature».

La ministre Kathleen Weil plaide que le mode actuel procure des gouvernements stables et qu’il est «simple» à comprendre et à appliquer. Elle ajoute que l’idée d’un scrutin de type proportionnel ne fait pas consensus au sein de la population.

Lors du scrutin de 2014, le Parti libéral du Québec a récolté 42% des suffrages. Il a tout de même obtenu 70 des 125 sièges de l’Assemblée nationale, soit 56%.

Les distorsions inhérentes au système actuel lui ont cependant déjà joué un mauvais tour. En 1998, il a perdu le scrutin même s’il avait récolté près de 28 000 votes de plus que le Parti québécois.

Malgré ses votes en moins, le parti alors dirigé par Lucien Bouchard avait obtenu 28 sièges de plus que lui.