Richard Martel a raflé l’élection partielle dans Chicoutimi–Le Fjord sous la bannière du Parti conservateur du Canada.

Richard Martel élu haut la main

L’ex-entraîneur de hockey Richard Martel a raflé l’élection partielle dans Chicoutimi–Le Fjord sous la bannière du Parti conservateur du Canada (PCC), lundi soir. Il devient donc le député fédéral de la circonscription après avoir ravi 52,7 pour cent des voix, selon les résultats d’Élections Canada consultés avant de mettre sous presse.

Sa plus proche rivale, Lina Boivin, du Parti libéral du Canada (PLC), a pour sa part obtenu 29,6 pour cent des suffrages, tandis qu’Éric Dubois du Nouveau Parti démocratique (NPD) a récolté 8,7 pour cent de la faveur populaire. Catherine Bouchard-Tremblay et Lynda Youde, respectivement du Bloc Québécois (BQ) et du Parti vert (PV), ont recueilli 5,6 et 3,1 pour cent des votes.

Déclenchée tardivement à la mi-mai par le premier ministre Justin Trudeau, la partielle était rendue nécessaire par la démission du libéral Denis Lemieux en novembre 2017, à mi-mandat.

L’heure était à la fête au restaurant L’Usine de La Voie Maltée, sur le boulevard Talbot, où s’était rassemblé le clan de Richard Martel pour assister au dévoilement des résultats de la soirée électorale dès 20 h. Peu après 21 h 30, alors que le dépouillement des premières boîtes de scrutin le plaçait déjà en tête, Richard Martel a été déclaré vainqueur par l’ex-député bloquiste de Roberval, Michel Gauthier, qui lui a récemment conféré son appui. L’ancien leader parlementaire du Bloc québécois venait tout juste de prononcer un discours enflammé, au cours duquel il n’a pas manqué de vanter les mérites de son nouveau parti, d’encenser son chef, Andrew Scheer, et de faire l’éloge du candidat Martel. Le principal intéressé est entré dans la salle quelques minutes plus tard avec toute la confiance qui a fait sa marque derrière le banc, sous une salve d’applaudissements. 

Il faut dire que ses partisans s’attendaient à voir leur candidat couronné, lui qui a été placé en tête de lice par un sondage réalisé pour le compte du Quotidien et de Radio-Canada la semaine dernière. Le coup de sonde lui donnait 36 pour cent des intentions de vote, loin devant Lina Boivin, qui obtenait autour de 20 pour cent des voix. 

Richard Martel, qui a été l’entraîneur-chef des Saguenéens de Chicoutimi dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec, puis des Marquis de Jonquière de la Ligue nord-américaine de hockey, partait déjà avec l’avantage non négligeable d’être une personnalité publique. De plus, le conservateur a annoncé sa candidature sous la bannière conservatrice dès le mois de décembre, ce qui lui a permis de mener une longue et tenace campagne sur le terrain. Lina Boivin, issue du monde des affaires et moins connue de la population de Chicoutimi–Le Fjord, a pour sa part affiché ses couleurs le 7 mai, deux semaines seulement avant le déclenchement de l’élection. Les deux visites de Justin Trudeau dans la région n’auront pas été assez pour la faire élire. 

« Inquiétez-vous pas, je vais livrer la marchandise. Je me suis nourri de chaque tape dans le dos. La circonscription est grande et je remercie mon équipe, des gens de cœur, qui m’ont soutenu tout au long de ma campagne. [...] Je vais être éternellement reconnaissant à tous ceux qui m’ont poussé à me dépasser. Aujourd’hui, c’est l’un des plus grands honneurs qui m’a été donné dans ma vie. Ça bat n’importe quelle émotion que j’ai vécue avant. J’avais une seule idée en tête et c’était de servir les gens. Ils m’ont tellement donné. Je suis prêt à redonner. Il n’y a rien qui fait plus chaud au cœur que ça », a déclaré le député élu, ce qui a généré tout un vacarme chez ses alliés. 

Celui que plusieurs ont surnommé Le Roi Richard, en lien avec son titre d’entraîneur de la LHJMQ ayant remporté le plus grand nombre de victoires, a chaleureusement remercié son épouse, Annie, et les membres de sa famille. Il a aussi fait part de sa reconnaissance à l’égard du lieutenant du Parti conservateur au Québec, le député de Richmond-Arthabaska, Alain Rayes, qui était présent lundi soir. Le député de Beauport-Limoilou, Alupa Clarke, a lui aussi souhaité vivre ce moment avec celui qui siégera bientôt à ses côtés à la Chambre des Communes.

En campagne depuis six mois, Richard Martel a expliqué que l’élection lui a fait vire une émotion intense qu’il n’avait jamais vécue auparavant, même derrière le banc d’une équipe de hockey.

PLACE AU DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE

Lors d’une mêlée de presse tenue peu après son allocution, Richard Martel a notamment réitéré son désir de travailler au développement économique de la circonscription et à la création d’emplois qui permettra d’attirer des jeunes en région. 

« Je vais m’occuper des gens d’ici du mieux que je peux. Je suis tellement fier de représenter la circonscription. Ce que les gens m’ont dit pendant la campagne, Ottawa va avoir le message. Il y a une chose qui est sûre, on a travaillé fort. L’esprit d’équipe était incroyable », a-t-il formulé.

Quant à son écrasante majorité sur la candidate libérale, le député élu n’a pas souhaité s’attarder à ce détail.

« Je voulais cette victoire-là pour les gens d’ici. Je voulais les représenter. Plus ça va, la profession entre dans moi et ça se fait naturellement. [...] Bien sûr que j’ai hâte. Mais ce qui est important, ce n’est pas de faire la Loi, c’est d’être capable de communiquer et de débattre des idées importantes. Ce n’est pas du “criage”. C’est une question d’argumenter avec les membres du caucus pour faire avancer les choses », a déclaré le nouveau porte-étendard conservateur. Richard Martel a rappelé qu’une élection générale aura lieu l’an prochain et a invité les gens à voter à nouveau pour son parti. Selon Élections Canada, 33,5 pour cent des 66 152 électeurs de la circonscription se sont exprimés.

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CIRCONSCRIPTION BAROMÈTRE

Tous les observateurs de la scène politique nationale avaient les yeux tournés vers Chicoutimi–Le Fjord, lundi soir, une circonscription baromètre qui a changé d’allégeance au fil des ans. Entre 1984 et 1993, elle a été représentée par le Parti progressiste conservateur, par l’entremise du député André Harvey. Elle est ensuite passée aux mains du Bloc québécois (BQ) en 1993, puis à nouveau aux conservateurs en 1997. André Harvey est toutefois passé chez les libéraux en 2000 et est demeuré député jusqu’à ce qu’il soit battu par Robert Bouchard du BQ en 2004. Le Bloc a conservé Chicoutimi–Le Fjord pendant deux mandats, jusqu’à ce que la vague orange de Jack Layton déferle sur le Québec, faisant élire le néo-démocrate Dany Morin. L’effet Trudeau s’est toutefois fait sentir en 2015 et c’est l’homme d’affaires Denis Lemieux qui s’est fait élire par seulement 600 voix. Denis Lemieux a démissionné pour des raisons familiales il y a six mois. 

Le candidat conservateur Richard Martel a été élu, lundi soir, avec 52,7 pour cent des voix. Il a célébré en compagnie de son épouse, Annie, de l’ex-bloquiste Michel Gauthier et des députés conservateurs Alain Rayes et Alupa Clarke.