Le leader parlementaire du gouvernement et ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette, a évité mercredi de s’engager à ce que le projet de loi sur la laïcité soit présenté cet automne.

Révisions de lois: le cannabis avant le tchador

Le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, voudrait boucler la révision de la loi sur l’encadrement du cannabis dans les 100 premiers jours du mandat de son gouvernement.

À son arrivée au caucus de l’aile parlementaire de son parti, mercredi matin, à l’Assemblée nationale, M. Carmant a confirmé que c’est lui le porteur du ballon dans ce dossier et non pas la ministre de la Justice, Sonia LeBel, contrairement à ce que le premier ministre François Legault avait indiqué la semaine dernière.

Sans avoir été jusqu’à le garantir, le ministre Lionel Carmant a dit croire être en mesure de présenter un projet de loi à l’Assemblée nationale entre le 27 novembre et la relâche parlementaire de Noël.

L’adoption comme telle du projet devant faire passer de 18 à 21 ans l’âge légal pour acheter du cannabis et interdire sa consommation dans les lieux publics interviendrait probablement en février ou en mars, lorsqu’on regarde le calendrier parlementaire, plutôt qu’à l’intérieur des «100 premiers jours» d’existence du nouveau gouvernement à proprement parler, comme il l’a suggéré. 

Le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux a affirmé ne pas craindre que les jeunes de 18 à 21 ans, qui ont accès depuis la semaine dernière aux produits de la Société québécoise du cannabis, se retournent vers le marché noir pour s’approvisionner ou y demeurent.

Son espoir repose sur la «prise en charge», la «prévention» et sur l’«information» que son gouvernement veut leur fournir.

Il a noté que «35 % des adolescents de 14 à 18 ans consomment. En haut de 18 ans, ça n’augmente que de 10 %, à 45 %».

Aux yeux du DCarmant, faire passer de 18 à 21 ans l’âge légal pour acheter du cannabis correspond à un compromis, puisque c’est jusqu’à 25 ans que ce produit peut engendrer des «complications psychiques».

Toujours dans les plans, mais...

Un autre projet de loi que le gouvernement caquiste entend faire adopter le plus rapidement possible est celui sur la laïcité. Mais il n’est pas certain qu’il sera présenté cet automne à l’Assemblée nationale. Le leader parlementaire du gouvernement et ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette, qui est aussi responsable de ce dossier, a évité de s’engager en ce sens.

Il a préféré rappeler que le premier ministre François Legault lui a confié «le mandat d’agir rapidement».

Le gouvernement veut légiférer pour interdire le port de signes religieux chez les juges, les procureurs, les policiers, les gardiens des centres de détention et les enseignants des niveaux primaire et secondaire du réseau public.

Pour ces derniers, toutefois, François Legault s’est récemment montré ouvert aux discussions avec les partis d’opposition. (Les péquistes préconisent une éventuelle clause de droit acquis pour les enseignants, tandis que les solidaires refusent qu’un tel interdit s’applique à eux. Les libéraux rejettent toute proscription du genre.) 

Le nouveau gouvernement veut également que le «visage découvert» s’applique dans les relations entre un citoyen et tout représentant de l’État. 

Le ministre Simon Jolin-Barrette a par ailleurs rappelé que son parti s’oppose depuis 2013 à ce qu’une fonctionnaire de l’appareil public québécois porte un tchador. Et que sa position «n’a pas changé».

«On n’a pas changé de point de vue», mais «pour ce qui est de savoir dans quelle loi ça se retrouvera, ce sera au ministre de voir ça», a plus tard précisé le premier ministre Legault. Il serait donc possible que le tchador soit visé dans  un deuxième temps.

Le tchador couvre une personne de la tête aux pieds, mais ne cache pas le visage.