André Fortin s'est retiré de la course à la chefferie du Parti libéral du Québec.

Retrait d’André Fortin: qui sera le prochain chef du Parti libéral du Québec?

QUÉBEC — Qui sera le prochain chef du Parti libéral du Québec? Rien n’est plus incertain, alors qu’un autre de ses visages bien connus renonce à se lancer dans la course.

Après Sébastien Proulx, Pierre Moreau et Gaétan Barrette, c’était au tour mardi du député de Pontiac, André Fortin, d’annoncer qu’il ne briguera pas la chefferie. Il estime que les exigences de ce poste ne correspondent pas avec le style de père qu’il veut être.

Âgé de 37 ans, père de deux petites filles, M. Fortin s’était donné six mois pour prendre la température de l’eau. C’est finalement en raison des forts appuis qu’il recevait qu’il a décidé de se désister.

«J’avais plus peur de gagner la chefferie qu’autre chose, a-t-il déclaré candidement devant la presse parlementaire, mardi. C’est là où vraiment il y aurait eu un impact monstre sur ma vie familiale, et c’est là vraiment qu’il y a eu un moment de déclic pour moi.»

Il a expliqué que la conciliation travail-famille a été mise à rude épreuve lorsqu’il a été nommé ministre des Transports du dernier gouvernement libéral, en octobre 2017. Il croit que le passage de député à ministre s’est quand même fait relativement bien pour sa famille, mais que le passage à chef de parti serait autre chose.

André Fortin a été élu pour la première fois aux élections générales du 7 avril 2014. Il est présentement porte-parole de l’opposition officielle en matière de santé et de vitalité des régions, et compte rester député de sa circonscription d’Outaouais.

Le PLQ attirant ?

Il était perçu comme favori dans la course à la succession de Philippe Couillard, après que le parti eut subi la pire défaite de son histoire aux élections du 1er octobre. Le PLQ a été réduit à 29 députés, dont seulement deux à l’extérieur de l’île de Montréal.

«Le rôle d’un chef de parti en reconstruction, qui doit être proche des militants, je me connais, je le ferais sept jours par semaine, 15-16 heures par jour, et c’est ça qui est irréconciliable», a expliqué M. Fortin, qui pourrait être tenté de revenir à l’avant-scène dans quelques années.

Car le PLQ est en reconstruction, mais il n’est pas mort, selon lui. Il peut compter sur une solide base militante. «C’est un peu une page blanche en ce moment, le Parti libéral. Et ça, c’est intéressant pour n’importe quel parti politique. C’est un moment un peu charnière où on peut se redéfinir.

«Ce parti-là, moi j’en suis convaincu, a plus d’avenir qu’il a d’histoire», a-t-il ajouté. Il s’est bien gardé d’appuyer un autre candidat à ce stade-ci, alors que la course au leadership n’est pas encore officiellement commencée. Les militants doivent choisir le nouveau chef l’an prochain.

Mais la liste de candidats potentiels s’avère plus courte que prévu. Seules les députées montréalaises Dominique Anglade, de Saint-Henri-Sainte-Anne, et Marwah Rizky, de Saint-Laurent, disent ne pas exclure la possibilité de participer à cette course à la direction.

Pour Mme Rizqy, il ne fait aucun doute que «le Parti libéral est attirant». «On est un parti aussi réfléchi. Les gens prennent le temps d’analyser comme il faut la situation», a-t-elle affirmé.

«J’ai 33 ans, j’ai beaucoup d’énergie, c’est clair, et si jamais je me lance, évidemment, ce sera bien réfléchi. (...) Oui il y a des gens qui m’invitent à me lancer, mais je ne me lance pas que pour me lancer.»

À l’extérieur du parlement, l’homme d’affaires et ancien directeur de la campagne électorale du PLQ Alexandre Taillefer a déjà fait savoir qu’il ne sera pas candidat à la chefferie.

Les députés réagissent

L’ex-ministre de la Santé Gaétan Barrette, qui ne se présente pas comme candidat à la direction du PLQ, a réagi à l’annonce de M. Fortin en affirmant que son parti venait de perdre là un «excellent candidat».

«C’est dommage, a-t-il dit. Il a des raisons qui sont les siennes que je comprends très bien.»

Le député libéral de Viau, Frantz Benjamin, a affirmé respecter la décision du jeune père de famille et être «très bien placé pour pouvoir comprendre cette décision».

«Je trouve qu’il est sage dans toutes ses décisions, c’est très personnel», a pour sa part commenté la députée de Westmount-Saint-Louis, Jennifer Maccarone.