Le premier ministre ontarien, Doug Ford

Remaniement: Ford porte son cabinet à 28 ministres

TORONTO — Le ministre des Finances de l’Ontario, Vic Fedeli, est l’un des ministres influents qui ont été rétrogradés dans le cadre d’un important remaniement ministériel annoncé jeudi par le premier ministre, Doug Ford.

Le gouvernement progressiste-conservateur essuie des critiques depuis des semaines après la publication quasi quotidienne d’articles dévoilant des coupes enfouies dans le budget déposé par M. Fedeli en avril. Le ministre de l’Environnement, Rod Phillips, qui a joué un rôle majeur dans l’annulation en Ontario du marché du carbone, remplacera aux Finances M. Fedeli, maintenant chargé du Développement économique, de la Création d’emplois et du Commerce.

La députée de Nepean, Lisa MacLeod, qui a provoqué la colère des parents pour sa gestion du dossier de l’autisme en tant que ministre des Services à l’enfance et des Services sociaux et communautaires, prend en charge le portefeuille du Tourisme, de la Culture et du Sport. La ministre de l’Éducation, Lisa Thompson, sera maintenant responsable des Services gouvernementaux et des Services aux consommateurs.

À LIRE AUSSI :

De héros à zéro

Un remaniement qui en dit long

Caroline Mulroney conserve le portefeuille des Affaires francophones, mais elle ne sera plus Procureure générale ; elle hérite plutôt du portefeuille des Transports. 

La députée de Kanata-Carleton, Merrilee Fullerton, qui a été critiquée pour des changements dans l’enseignement postsecondaire en tant que ministre de la Formation et des Collèges et Universités, sera maintenant responsable des Soins de longue durée.

Ce remaniement apporte également son lot de promotions énormes pour certains députés d’arrière-ban : Stephen Lecce devient ministre de l’Éducation, alors que Doug Downey devient Procureur général.

Ce remaniement intervient alors que M. Ford et les élus conservateurs viennent tout juste de célébrer le premier anniversaire de la formation d’un gouvernement majoritaire. M. Ford a toutefois perdu du terrain dans les sondages et certains estiment qu’il pourrait nuire aux chances du chef conservateur fédéral, Andrew Scheer, en Ontario lors des élections d’octobre.

« Une façade », dit Lalonde

Pour la députée d’Orléans, Marie-France Lalonde, ce changement au conseil des ministres est davantage « une façade » qu’autre chose.

« Le premier ministre pénalise son équipe qui est autour de la table et qui n’a jamais vraiment eu de flexibilité et de contrôle sur les décisions. Le vrai problème, c’est M. Ford lui-même et ses priorités. Il essaie de blâmer les autres pour son manque d’expérience, de contrôle. Quelles sont ses priorités ? Je ne pense pas qu’il comprend celle des Ontariens. Quand tu arrives au pouvoir, c’est important d’être à l’écoute des gens. C’est ce qu’il aurait dû faire. Il y a de nouveaux joueurs avec de nouveaux portefeuilles, qui vont continuer d’être les marionnettes de M. Ford », se désole-t-elle. 

Quant au statu quo avec Mme Mulroney aux Affaires francophones, l’élue n’est pas surprise, considérant qu’il s’agissait de « la seule option » du premier ministre. « Malheureusement pour elle, depuis le début, elle n’a pas été capable de se positionner pour être la voix des francophones », ajoute Mme Lalonde.

L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario n’a de son côté pas commenté le remaniement, hormis quelques gazouillis. L’organisation a félicité la ministre Mulroney d’avoir prêté serment en français.