Le ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette

Québec va contacter et informer les 18 000 requérants évincés

QUÉBEC — Pas question de reculer : le gouvernement Legault maintient son intention d’annuler les 18 000 dossiers d’immigration en attente de traitement, mais il s’engage à contacter les candidats évincés pour les informer des programmes disponibles et des nouvelles règles du jeu.

Critiqué de toutes parts depuis le dépôt la semaine dernière de son projet de loi 9, le ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette, cherchait à calmer le jeu, mardi, surtout pour accommoder certains des ressortissants étrangers déjà présents au Québec.

Ces derniers pourront voir leur dossier placé sur la « voie rapide », a-t-il fait valoir lors d’une mêlée de presse, s’ils remplissent les trois conditions suivantes : être déjà sur place au Québec, parler français et avoir un emploi depuis au moins un an.

Le cas échéant, ils pourront alors s’inscrire au Programme d’expérience québécoise (PEQ) et obtenir leur certificat de sélection, à l’intérieur d’un court délai, soit 20 jours ouvrables.

Les autres, même s’ils habitent déjà au Québec, devront recommencer à zéro et fonctionner selon les nouvelles règles du gouvernement, axées essentiellement sur l’arrimage entre leurs habiletés professionnelles et les emplois disponibles.

Pas moins de 18 000 dossiers étaient en attente de traitement au moment de l’arrivée au pouvoir de la CAQ. Le ministre Jolin-Barrette a décidé, avec son projet de loi 9, d’annuler toutes ces demandes, sous prétexte que le profil des candidats ne correspondait pas aux nouvelles règles qu’il veut instaurer.

Québec devra donc rembourser les candidats dont les dossiers ont été rejetés (une dépense de 19 millions $), et ceux qui sont toujours intéressés devront reprendre tout le processus depuis le début, et ce, même si des milliers d’entre eux sont déjà installés au Québec, grâce à divers programmes d’emploi québécois ou fédéraux.

« On modifie le système et on fait en sorte que les gens qui sont accueillis maintenant sont accueillis en fonction des besoins du marché du travail », a réaffirmé le ministre.

Les 18 000 requérants évincés recevront donc une lettre du ministère de l’Immigration « dans les prochaines heures », a précisé le ministre, pour les informer des options disponibles.