Le député solidaire de Jean-Lesage, Sol Zanetti, veut s’assurer que le projet est le bon choix pour Québec.

Québec solidaire réclame un BAPE sur l’usine de biométhanisation de Québec

Le député solidaire Sol Zanetti s’inquiète que l’usine de biométhanisation projetée par la Ville de Québec ne soit pas un bon projet et réclame que le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) l’étudie. Une demande que rejette le ministre de l’Environnement Benoit Charette, qui croit plutôt que cette usine est un «incontournable» pour Québec.

«Il est important de pouvoir s’assurer qu’on fait le bon choix pour Québec», estime le député de Jean-Lesage Sol Zanetti. Accompagné de citoyens membres du Mouvement pour une ville zéro déchet à l’Assemblée nationale, il demande que soit évaluée la possibilité de séparer le projet en deux : la méthanisation des boues municipales et le compostage des restes de table des citoyens. Le tout afin d’obtenir un meilleur bénéfice environnemental.

M. Zanetti est conscient qu’il est minuit moins une. La construction de l’usine de biométhanisation de 124 millions $ doit débuter au cours des prochains mois dans Limoilou et la Ville de Québec doit se conformer avant 2022 à la directive gouvernementale de traiter les restes de table des citoyens. «Les retombées écologiques, si on fait le mauvais choix, elles vont être bien plus terribles que de délayer le projet du temps que prendrait une consultation de BAPE sur le sujet. Alors, c’est pour ça que, même s’il est tard, vaut mieux tard que jamais», indique-t-il. 

Frédéric Narbonne, membre du Mouvement pour une ville zéro déchet, est d’avis que la biométhanisation «est une solution inutilement coûteuse», qui «ne laisse entrevoir qu’une réduction marginale des émissions de gaz à effet de serre». Selon lui, la Ville de Québec pourrait tout simplement opter pour une solution qui fonctionne à Lévis depuis près d’une décennie, soit le compostage des matières organiques, qui sont déposées dans un bac brun par les citoyens. 

Pas possible, le compostage

Le ministre Charette croit pour sa part que la Ville de Québec a fait le bon choix. «Le compostage ne peut pas gérer des quantités aussi importantes que celles générées par les citoyens de la Ville de Québec. On parle de plusieurs tonnes par année.»

Pour ce qui est de la lutte aux gaz à effet de serre, M. Charette croit que le Québec est «gagnant» en optant pour la biométhanisation. «C’est une technologie qui est relativement nouvelle, qui engendre des coûts dans certains cas plus importants que ceux initialement prévus, mais c’est une étape obligée. Toutes les grandes villes cheminent vers des usines de biométhanisation», indique-t-il.

Alexandre Turgeon, dg du Conseil régional de l’environnement de la Capitale-Nationale, s’explique mal pourquoi ce groupe de citoyens s’oppose au projet. «Pour de grands volumes, de fortes concentrations de population, le compostage ne peut pas être la solution», dit-il. 

Suzanne Verreault, conseillère municipale responsable des dossiers environnement à la Ville de Québec, reçoit quant à elle la demande avec un grain de sel. «C’est légitime que M. Zanetti soit à l’écoute des citoyens, qu’il veuille répondre à leurs attentes. Mais on est en paix avec notre choix.»

Elle reproche surtout aux groupes derrière cette requête, dont le Mouvement pour une ville zéro déchet, de faire de la «désinformation» en avançant certains chiffres erronés. Par exemple, la hausse anticipée du transport par camion. 

«Le projet choisi est vert et environnemental, insiste la conseillère. Les chiffres évoqués ne concordent pas avec les nôtres. Au contraire, la biométhanisation va éviter d’augmenter le nombre de camions qui serait nécessaire pour une collecte des matières organiques.»

En effet, le procédé retenu permet de ramasser dans un même camion les sacs d’ordures et de matières putrescibles. Ils sont ensuite triés au centre de biométhanisation.  Avec Jean-François Néron