Les discours de Catherine Dorion et de Sol Zanetti ont été applaudis par près de 200 militants de Québec solidaire.

QS veut remettre l'indépendance à la mode

Québec solidaire veut remettre à la mode le projet d’indépendance du Québec. Les députés de Jean-Lesage et Taschereau, Sol Zanetti et Catherine Dorion, ont prononcé un discours où le projet indépendantiste occupait une grande place vendredi soir au Conseil national du parti.

«Pourquoi ne pas faire comme dans le monde de la musique underground où on va dans des friperies acheter des vêtements tellement démodés... mais cinq ans plus tard, tu retrouves la même chose partout chez Simons! On est capable de faire ça avec l’indépendance!», a lancé Catherine Dorion, provoquant un tonnerre d’applaudissements dans le parterre de près de 200 militants réunis au campus de Charlesbourg du Cégep de Limoilou.

Pour la députée de Taschereau, qui prône un indépendantisme de gauche, vert et antiraciste, le problème du projet d’indépendance est qu’il a été démodé par un «nationalisme droitisant de mauvais goût.»

Sol Zanetti a pour sa part parlé de l’indépendance comme étant le seul moyen de mettre au pas «les multinationales qui pillent notre territoire», présentant le Canada comme une «colonie extractiviste jamais décolonisée», d’abord par le Royaume-Uni, puis par les multinationales et les compagnies pétrolières.

Laïcité

Les deux députés ont aussi marqué le coup en vue des ateliers sur la laïcité et les signes religieux qui auront lieu samedi. Catherine Dorion a abordé la question de front. «Il faut redessiner l’indépendance pour qu’elle assume son antiracisme. Ce n’est pas l’islam, le problème, c’est le capitalisme. La laïcité dont on devrait être obsédé, c’est celle qui détacherait l’État du pouvoir de l’argent. Lâchez-moi avec l’islam et les attaques contre les marginaux», a-t-elle lancé.

Les ateliers auront lieu de 9h à 10h45 et seront suivis d’une plénière et du vote sur les signes religieux. Les porte-parole du parti tiendront ensuite, à 13h30, un point de presse sur la position prise par Québec Solidaire sur les signes religieux.

Québec solidaire avait au départ officiellement appuyé le «compromis» de la Commission Bouchard-Taylor qui interdit le port de signes religieux aux juges, aux procureurs, aux policiers, aux gardiens de prison ainsi qu’au président et aux vice-présidents de l’Assemblée nationale.

Cette orientation politique n’a cependant pas été débattue ni adoptée par le Conseil national ou par le Congrès du parti, mais seulement proposée par l’aile parlementaire. Au fil du temps, plusieurs militants opposés à l’interdiction des signes religieux s’en sont détachés.

Samedi, les militants auront à choisir entre le statu quo et l’absence de règles particulières sur les symboles religieux, cette dernière option étant celle qui semble pour l’instant recueillir le plus d’adhérents.