Mme Plante a indiqué qu'elle compte montrer aux élus comment ce modèle fonctionne parce qu'il est «peut-être difficile» à comprendre pour «certaines personnes», a-t-elle soutenu.

Projet de loi sur la laïcité: la mairesse Plante décrit le «modèle montréalais»

MONTRÉAL — Les forces de Montréal sont basées sur la diversité et l'inclusion. Voilà le «modèle montréalais» que la mairesse Valérie Plante compte présenter lors de son témoignage à la commission parlementaire sur le projet de loi 21 sur la laïcité de l'État québécois que tiendra le gouvernement caquiste.

Mme Plante a indiqué qu'elle compte montrer aux élus comment ce modèle fonctionne parce qu'il est «peut-être difficile» à comprendre pour «certaines personnes», a-t-elle soutenu.

Et «il fonctionne», a-t-elle lancé, vendredi, lors d'une mêlée de presse à l'hôtel de ville de Montréal.

«Nous sommes une société diversifiée, a-t-elle décrit en anglais. Il y a différentes croyances, différentes couleurs de peau, différentes langues, mais ultimement nous partageons de fortes valeurs communes d'inclusion, de mixité sociale, économique et culturelle.

«C'est pour cela que nous sommes la métropole du Québec, a ajouté Mme Plante. C'est pour cela que des investissements se font dans notre ville.»

La diversité conjuguée à une fierté de l'héritage francophone fait la force de Montréal, rend la ville «spéciale» et «profite à tout le Québec», a-t-elle plaidé.

Déclaration commune sur la laïcité

À ce sujet, une déclaration «réitérant la laïcité institutionnelle de Montréal et la liberté religieuse des individus» sera présentée lundi au conseil de ville. L'ensemble des élus pourront alors réaffirmer leur appui à ce que la mairesse a qualifié de «valeurs montréalaises».

Le texte, qui est signé par la mairesse et le chef de l'opposition officielle de Montréal, Lionel Perez, stipule que «personne ne devrait vivre dans la peur ou l'incertitude au sujet de son emploi» et que «personne ne devrait se faire refuser une promotion sur la base d'une croyance religieuse».

«La laïcité de nos institutions n'est pas remise en question par les convictions ou le port de signes religieux de certains individus et que les gens de convictions religieuses qui appliquent des lois sont tout autant neutres et professionnels», peut-on y lire.

Les signataires estiment que les conséquences du projet de loi se feront principalement sentir sur les Montréalais, selon le document.

«Nettoyage ethnique»

Lors du point de presse de vendredi, la mairesse Plante s'est dite «indignée» par les propos controversés de maire de Hampstead, William Steinberg, qui avait apparenté le projet de loi sur la laïcité de l'État à un «nettoyage ethnique». Mme Plante a réitéré qu'elle demande à son homologue de s'excuser.

Selon elle, le maire Steinberg a «une responsabilité de s'élever au-dessus de la mêlée et de peser ses mots». Les élus doivent éviter les amalgames, a-t-elle expliqué.

La mairesse Plante a déploré que les propos de M. Steinberg projettent «l'attention sur lui et non sur le débat».

Elle croit qu'il est temps que la discussion publique s'éloigne des propos du maire pour s'intéresser davantage à ceux qui seront véritablement affectés par le projet de loi.

Il s'agit notamment d'étudiants et d'étudiantes en enseignement qui se demandent s'ils pourront un jour pratiquer ce métier ou une enseignante voilée qui sera contrainte à conserver son poste pour éviter de perdre son droit acquis, a décrit Mme Plante.

«C'est de ça dont il est question, a-t-elle plaidé. C'est des gens qui paient leurs taxes, leurs enfants vont à l'école. C'est d'eux et d'elles dont on doit parler.»

Pour sa part, le maire de Hampstead a annoncé en matinée qu'il annule la séance extraordinaire du conseil prévue lundi.

Dans un communiqué, la municipalité explique que «le conseil municipal veut que tous les arguments contre ce projet de loi soient entendus et débattus sans distractions inutiles» et qualifie les conséquences des propos du maire de «tempête médiatique».

Hampstead compte présenter une résolution contre le projet de loi 21 à une date ultérieure et «dans une atmosphère plus sereine».

«Troublée» par une fausse nouvelle

La mairesse Plante a qualifié de «très troublant» une fausse nouvelle diffusée dans les derniers jours sur les réseaux sociaux indiquant qu'elle a participé dimanche dernier à une manifestation contre le projet de loi sur la laïcité organisée par le prédicateur Adil Charkaoui.

Mme Plante, qui se trouvait en mission économique à Buenos Aires, en Argentine, lors de la manifestation, a dénoncé vendredi ce qu'elle estime être des tactiques pour la «discréditer et envenimer le débat».

«C'est non seulement grave et très dérangeant, mais où ça nous mènera pour la suite?», a-t-elle lancé.