Le hasard a fait que la ministre Sonia LeBel a été questionnée sur la prière du cow-boy au Festival western de Saint-Tite dans une église où elle se trouvait, mardi, pour annoncer une subvention.

Prière du cow-boy: la ministre LeBel ne regrette rien

Sainte-Anne-de-la-Pérade — Est-ce qu’une députée, ministre de la Justice par surcroît, peut réciter une prière pendant un festival? Non, selon le Mouvement laïque québécois, parce que cela contrevient «à l’esprit et à la lettre de la Loi sur laïcité». Oui, selon Sonia LeBel, qui ne regrette pas le moins du monde d’avoir récité la prière du cow-boy au dernier Festival western de Saint-Tite.

«La prière du cow-boy, c’est une belle tradition depuis plus de 50 ans. Ça fait partie d’un rituel beaucoup plus que d’une prière. Je suis la députée de Champlain, et pour moi, c’est une fierté de participer à ce rituel», affirme Mme Lebel.

Dans une lettre ouverte parue dans Le Nouvelliste signée par son vice-président, Daniel Baril, le Mouvement laïque québécois a critiqué la participation de Mme LeBel à ce moment de recueillement. Selon lui, cette prière est non seulement de même nature que celle qui était récitée à la Ville de Saguenay, et qui a été interdite par la Cour suprême, mais le geste de la ministre illustre les limites de la Loi sur la laïcité. «Par quelle logique des ministres à qui il est interdit de porter des signes religieux peuvent-ils être autorisés à réciter des prières?», écrivait-il dans nos pages.

Mais Mme LeBel ne voit pas de contradictions dans son geste. «Il faut faire la part des choses. La Loi sur la laïcité n’a pas banni les religions au Québec. Si on avait banni les religions, je ne serais pas ici pour faire une belle annonce sur le patrimoine religieux», a-t-elle expliqué en marge d’une conférence de presse, mardi, sur l’octroi d’une subvention à l’église de Sainte-Anne-de-la-Pérade.

Mme LeBel précise que le Festival western n’est pas un événement du gouvernement du Québec et qu’elle n’était pas sur place pour remplir «une fonction gouvernementale». «Je n’étais pas là dans le cadre de mes fonctions.(...) Je n’étais pas là pour faire une fonction officielle. À l’Assemblée nationale, vous ne me verrez pas porter de signes religieux, quand je suis en commission parlementaire pour travailler sur les projets de loi, vous ne me verrez pas porter de signes religieux.»

Est-ce qu’elle va réciter la prière du cow-boy à nouveau l’an prochain? «Une année à la fois. On verra. Si je le refais ou si je ne le refais pas, ça n’aura rien à voir avec la Loi sur la laïcité.»

Rappelons que l’ancienne ministre libérale Julie Boulet avait également dû essuyer les foudres du Mouvement laïque québécois, en 2017, après avoir récité la prière du cow-boy.

Bilan

Par ailleurs, la ministre LeBel a fait le bilan de cette première année comme députée dans la circonscription de Champlain. Une «grosse année», souligne-t-elle. En effet, elle et son équipe ne se sont pas tourné les pouces avec 825 dossiers de comté et 50 dossiers de municipalité. «C’est une année chargée mais chargée positivement. On est très fier de notre première année, surtout du fait qu’on a réussi à être l’écoute des citoyens, et je pense que c’est ça qui est important.»

Elle compte suivre de près le changement de vocation de l’urgence du Centre Cloutier-du Rivage.

«Je pense que c’est important de bien faire comprendre à la population les motivations pour lesquelles le CIUSSS procède à cette transformation. Ce n’est pas une fermeture. C’est réellement une transformation pour mieux répondre aux besoins de la population. Je suis très consciente que ça soulève des inquiétudes et des interrogations. Donc, je pense qu’un de mes rôles va être justement de faire la liaison entre le CIUSSS et la population (...)», explique Mme LeBel.

Elle assure que le CIUSSS a promis de faire un suivi très serré de la situation. «(...) on va pouvoir être à l’écoute de la satisfaction de la population dans les prochaines semaines, les prochains mois, la prochaine année.»

La modernisation du Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap et tout le dossier d’internet haute vitesse et du réseau cellulaire dans les communautés qui en sont privées font partie de ses priorités. «Les appels d’offres pour Internet devraient sortir d’ici les prochaines semaines. On est très confiant qu’on va être capable de remplir notre promesse. (...) C’est une chose à la fois naturellement, mais je pense que les citoyens à la fin de ce mandat vont être très satisfaits.»

Pour ce qui est d’Aleris, elle a bon espoir que la décontamination débute au printemps.

«C’est un site important qui va nous aider à revitaliser le bas du Cap.»