Tim Kehoe, candidat défait à la mairie de Chelsea

Possible infraction électorale à Chelsea

Élections Québec mène actuellement une enquête en lien avec la publication d’une lettre ouverte dans l’hebdomadaire The Low Down—To Hull and Back News par un promoteur immobilier durant la campagne électorale dans la municipalité de Chelsea.

Le président de la Ferme Hendrick, Sean McAdam, a réservé une page complète dans l’édition de la semaine du 18 octobre 2017 du Low Down, publiée moins de deux semaines avant le jour du scrutin, afin de publier sa « lettre ouverte à tous les candidats ».

Dans cette missive, le président d’un important développement résidentiel et commercial de Chelsea laisse entendre « qu’au moins un candidat dans chaque district, ainsi que dans la course à la mairie » n’ont pas déclaré un conflit d’intérêts lié à une propriété. Il affirme notamment, sans le nommer, qu’un candidat farouchement opposé au projet de sentier communautaire sur les rails abandonnés du train à vapeur possède une résidence aux abords de ce trajet.

Le candidat défait à la mairie, Tim Kehoe, soutient que cette lettre ouverte était ni plus ni moins une attaque contre lui et d’autres candidats aux élections. « C’était gratuit, seulement des insinuations afin de miner notre crédibilité. »

Cette publicité a eu un impact sur le résultat final, estime celui qui a obtenu 24,75 % des votes, le reléguant en deuxième place derrière la mairesse réélue, Caryl Green (63,77 %). M. Kehoe soutient que la plupart des électeurs savaient très bien de qui il était question dans la missive du promoteur, même si personne n’était nommé.

Tim Kehoe soutient par ailleurs qu’il n’est pas en conflit d’intérêts dans le dossier du sentier communautaire. « Si la mairesse Green habite sur la route 105, est-ce qu’elle doit déclarer un conflit d’intérêts chaque fois que le conseil vote pour l’asphaltage de la route 105 ? Non, c’est ridicule. »

Le candidat défait à la mairie de Chelsea se demande ce qui a motivé l’entrepreneur à payer pour réserver une page complète dans l’hebdomadaire afin d’assurer la publication de son message. « Mon interprétation, c’est qu’il a acheté cette publicité parce qu’il appuyait certains candidats. [...] L’un d’eux était la mairesse. »

La mairesse Caryl Green ne croit pas que la lettre ouverte de Sean McAdam ait eu un quelconque effet sur la conclusion de l’élection. Elle assure que Sean McAdam, au même titre que tout autre promoteur, n’avait aucun lien avec son équipe de campagne électorale.

En réponse à la plainte déposée par un citoyen, une avocate d’Élections Québec confirme « qu’un dossier a été ouvert aux services juridiques » du Directeur général des élections du Québec et que « la tenue d’une enquête sera recommandée ». Dans la plainte, on soutient que la lettre ouverte est une dépense électorale non déclarée de la part d’un tiers, ce qui contrevient à la Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités.

Le Droit a tenté de joindre Sean McAdam afin d’obtenir sa version des faits, mais l’homme d’affaires n’a pas donné suite à nos demandes d’entrevue.