Seulement un millier de personnes ont bravé le mauvais temps sur la colline du Parlement, à Ottawa pour participer au premier rassemblement 4-20 depuis la légalisation du cannabis à des fins récréatives.

Pétard mouillé pour la manif pro-cannabis à Ottawa

OTTAWA — On peut appeler ça... un pétard mouillé.

Seulement un millier de personnes ont bravé le mauvais temps sur la colline du Parlement, à Ottawa pour participer au premier rassemblement 4-20 depuis la légalisation du cannabis à des fins récréatives.

Ce nombre de participants a déçu les organisateurs qui en attendaient des milliers. L’ambiance est demeurée festive. Quand l’horloge de la tour de la Paix a indiqué qu’il était 16 h 20, les participants ont allumé des joints ou leur pipe pendant que d’autres les immortalisaient sur leur téléphone intelligent.

«Le temps n’a pas coopéré. Cela a refroidi les ardeurs, a reconnu Shawn Mac, un directeur du programme 4-20 à Ottawa. En comptant tous ceux qui ne sont pas restés, il en est venu environ 3000, mais là, ils sont environ un millier.»

La pluie persistance et le vent ont empêché les orateurs de prononcer leur discours.

Sara Bakir est l’une des premières à être arrivée sur les lieux. La résidante d’Ottawa, âgée de 29 ans, portait un manteau à capuchon sombre sous un parapluie noir.

«C’est chouette d’être ici avec des gens avec qui on partage les mêmes idées, a-t-elle dit en riant, en montrant les espaces vides sur la pelouse encore brune.

Déjà, les organisateurs du premier rassemblement 4/20 sur la colline du Parlement, à Ottawa depuis la légalisation du cannabis à des fins récréatives ont appris une dure leçon: la liberté peut s’accompagner parfois d’une plus grande bureaucratie.

Shawn Mac, le directeur du programme de 4/20 à Ottawa, a dit que le groupe avait rencontré plus d’obstacles que par le passé pour organiser l’événement.

Par exemple, les organisateurs n’ont pu utiliser les escaliers de l’Édifice du centre, fermé pour des rénovations importantes. Les spectateurs devront trouver un nouvel endroit sur la pelouse pour voir et entendre les orateurs.

«C’était déjà difficile d’entendre les gens, alors si on ne peut pas les voir en plus», se plaignait M. Mac. Finalement, les discours auront été annulés.

Le nombre de numéros musicaux doit être limité à deux. M. Mac soutient que cette directive ne repose pas sur les règles concernant les événements publics sur la colline.

Les véhicules ont aussi moins d’accès sur les lieux, ce qui signifie que les organisateurs ont dû transporter à la main l’équipement et le matériel de la rue Wellington à la pelouse.

«C’est frustrant, car la légalisation était censée simplifier les choses, pas de les compliquer.»

Une forte averse n’a pas refroidi les esprits au parc Woodbine, à Toronto, où des fêtards ont piétiné un gazon boueux en écoutant de la musique de style house.

Des artisans vendaient des articles dans des stands couverts. Plusieurs ont exprimé l’espoir de voir le jour où ils pourront installer des vraies boutiques.

Selon Justin Loizos, propriétaire d’un dispensaire Just Compassion à Toronto, les gens avaient plus envie de célébrer que lors des derniers rassemblements.

«Ce n’est peut-être pas la légalisation qu’on attendait, a reconnu M. Loizos, mais la communauté devrait se réjouir de constater d’où ce qu’elle est partie.»

À Vancouver, la situation était tout autre...