L'urne qui contient les cendres de Paul Dewar est transportée à l'avant de l'église, sous les regards des proches du défunt: son épouse Julia, entourées de leurs fils Jacob et Nathaniel, ainsi que de son frère, Bob Dewar.

Paul Dewar: derniers adieux à un éternel optimiste

Les proches de Paul Dewar, ses anciens collègues et les membres de la communauté d’Ottawa-Centre ont rendu hommage à un homme décrit comme un bon-vivant, un passionné et un éternel optimiste durant les funérailles de l’ex-député néo-démocrate samedi matin, à l’église Dominion-Chalmers.

Le caractère et l’optimisme de Paul Dewar s’est reflété dans son choix de chansons, pour ses funérailles qui comprenaient deux pièces de Bob Marley: «One Love» et «Three Little Birds». Sa sœur Cathy a d’ailleurs raconté qu’il était l’un de leurs artistes préférés.

«L’esprit de mon père n’a jamais cessé de danser et pas dans une habile chorégraphie, mais plutôt d’un pas frénétique», a souligné le fils du défunt, Nathaniel Sneyd-Dewar. 

«Pour quelqu’un qui ne savait jouer d’aucun instrument et qui avait si peu le sens du rythme, c’était fascinant à quel point il aimait la musique», a ajouté ce dernier, ce qui n’a pas manqué de faire rigoler le public rassemblé à l’église de la rue O’Connor au centre-ville d’Ottawa.

Son épouse, Julia Sneyd, a quant à elle insisté sur l’enthousiasme de Paul Dewar qui avait constamment de nouveaux projets en tête et qui trouvait le moyen d’embarquer ses proches dans ses idées folles.

Un grand nombre de personnes s'est déplacé pour assister aux funérailles de Paul Dewar, samedi matin.

«Je sais que c’était difficile pour toi qui pouvais seulement marcher au cours des derniers mois, alors que tu étais habitué à courir en accéléré. Parfois j’ai l’impression que tu as vécu 80 ans, mais que tu les as compressées en 56 années.»

Dès un jeune âge, toutes ces caractéristiques étaient apparentes chez Paul Dewar, selon son frère et ses sœurs. Son frère Bob a raconté qu’il était un garçon déterminé et compétitif qui excellait dans de nombreuses disciplines sportives.

«Il avait peut-être 13 ans et un enseignant lui a dit qu’il ne serait pas assez bon pour joindre l’équipe de basket-ball de l’école. Dans les deux mois qui ont suivi, quand on le cherchait, il était près du panier à côté de l’église et il pratiquait. Quand est venu le temps du camp de sélection, il a fait l’équipe.»

Rappelons que Paul Dewar est décédé le 6 février dernier d’un cancer du cerveau. On lui a diagnostiqué un glioblastome de grade 4 en février 2018, le même type de cancer qui a coûté la vie au chanteur des Tragically Hip, Gord Downie.

De nombreuses figures politiques étaient à l'église Dominion-Chalmers samedi matin, incluant l'actuelle députée d'Ottawa-Centre, Catherine McKenna, que l'on voit ici en discussion avec l'ex-chef du NPD, Ed Broadbent.

Député fédéral d’Ottawa-Centre de 2006 à 2015, il a profité des derniers mois de sa vie à agir comme porte-parole de l’organisme «La jeunesse passe aux actes» qui aide les jeunes à devenir des leaders dans leur communauté. Pour l’ancien conseiller du chef du Nouveau parti démocratique (NPD), Karl Bélanger, c’est un exemple de «l’essence de son engagement».

«Il aimait la vie et il voulait en profiter au maximum, souligne M. Bélanger. Il était très compétent et très stable, on pouvait toujours se fier à lui.»

Karl Bélanger ajoute que Paul Dewar était un parlementaire très respecté de ses pairs puisque, malgré ses idées progressistes, il n’était pas un député hyperpartisan.

Croisé à l’entrée de l’église Dominion-Chalmers, le professionnel des communications Barry McLoughlin a décrit l’ex-député comme un «antidote au cynisme ambiant».

D’autres personnalités publiques se sont déplacées samedi matin pour lui rendre hommage, dont l’ex-chef du NPD, Thomas Mulcair, et sa successeure à titre de députée d’Ottawa-Centre, Catherine McKenna. Plusieurs élus municipaux ont également assisté aux funérailles, dont le maire d’Ottawa, Jim Watson, qui a déploré la perte «d’une voix forte pour sa circonscription, mais aussi pour l’ensemble du pays».