Patrick Brown a dû démissionner le mois dernier à la suite d’allégations d’inconduite sexuelle avant d’être carrément chassé du caucus.

Patrick Brown se dit victime des attaques d’«initiés»

TORONTO — Alors que les travaux reprenaient à l’Assemblée législative de l’Ontario, mardi, l’ancien chef du Parti progressiste-conservateur Patrick Brown, qui se présente à sa propre succession, soutient qu’un petit groupe d’initiés au sein même du parti tentent de faire dérailler sa campagne.

À trois mois et demi des élections générales, M. Brown, qui a dû démissionner le mois dernier à la suite d’allégations d’inconduite sexuelle avant d’être carrément chassé du caucus, doit maintenant se défendre contre des allégations de malversations et de corruption qui proviendraient de son propre parti.

Le député de Barrie soutient qu’en dévoilant aux médias des détails de ses finances personnelles, certains membres du parti, sans les nommer, tentent d’entacher sa réputation et sa crédibilité — et « d’empêcher le parti d’aller de l’avant ».

Le quotidien The Globe and Mail soutient que M. Brown a déjà voulu vendre, pour 375 000 $, une participation dans un restaurant et des points Aéroplan à un homme qui, cinq mois plus tard, a été choisi sans opposition pour être candidat du parti dans Brampton.

La Presse canadienne n’a pu vérifier de façon indépendante ces informations, que M. Brown nie catégoriquement. Il soutient que des individus ont eu accès illégalement à ses renseignements personnels et les ont dévoilés aux médias pour nuire à sa réputation.

M. Brown nie aussi les allégations d’inconduite sexuelle, et menace de poursuivre le réseau CTV qui les a divulguées ; CTV maintient sa position dans ce dossier.

Des chiffres gonflés ?

M. Brown a aussi dû se défendre sur le nombre d’Ontariens qui seraient membres du parti : le chef intérimaire, Vic Fedeli, précisait plus tôt ce mois-ci que ce nombre n’est pas de 200 000 membres, comme s’en vantait M. Brown, mais plutôt de 133 000. M. Brown soutient que le chiffre était exact au moment où il l’a évoqué.

La question n’est pas anodine dans le cadre de la course à la direction : M. Brown prétend que c’est depuis son accession à la tête du parti, en 2015, que le nombre de membres a atteint des sommets sans précédent.

Par ailleurs, un député progressiste-conservateur a annoncé mardi qu’il déposera une plainte contre M. Brown au Bureau du commissaire à l’intégrité de l’Ontario. Randy Hillier, qui appuie un autre candidat dans la course, soutient que M. Brown n’est pas apte à siéger comme député — et encore moins à devenir chef de parti et éventuel premier ministre.