La ministre des Institutions démocratiques, Karina Gould, s’est réjouie que Facebook ait agi en amont, ce qu’il ne faisait pas avant les élections présidentielles de 2016 aux États-Unis.

Pas de tentative de manipulation politique sur Facebook au Canada

Facebook Canada a assuré au gouvernement fédéral n’avoir détecté aucune tentative de manipulation politique semblable à celle qu’a déjouée la plateforme à l’approche des élections américaines de mi-mandat.

« Mon bureau a été en contact avec Facebook Canada et ce qu’on sait jusqu’à maintenant, c’est qu’il n’y a pas eu d’activité (semblable) à ce qui se passe aux États-Unis », a affirmé jeudi en entrevue téléphonique la ministre des Institutions démocratiques, Karina Gould.

Elle s’est réjouie que le réseau social ait agi en amont, ce qu’il ne faisait pas avant les élections présidentielles de 2016 au sud de la frontière. Et la ministre s’attend à ce que pareille surveillance soit réalisée ici au Canada alors que les élections de 2019 se profilent à l’horizon.

« Je crois qu’il est important qu’ils fassent le même travail ici au Canada. Ce que nous leur communiquons, c’est qu’on a besoin de savoir qu’ils font le même travail, les mêmes enquêtes, en ce qui a trait aux enjeux politiques ici au Canada », a-t-elle indiqué.

Facebook a annoncé mardi avoir retiré 32 comptes de Facebook et Instagram qui semblaient faux et présentaient des actions « coordonnées » pour influencer les élections de mi-mandat aux États-Unis et la politique américaine.

L’entreprise a dit ignorer qui se trouvait derrière ces efforts « sophistiqués », mais a noté qu’ils étaient possiblement liés à la Russie.

Le fait que Facebook ait contrecarré les efforts d’interférence en prévision des élections législatives américaines de novembre prochain a quelque chose de « rassurant », car cela démontre que la plateforme est plus consciente de « sa responsabilité envers la population », a soutenu Mme Gould.

En revanche, il demeure « inquiétant » de constater que les « tentatives de manipulation » du système démocratique sur les réseaux sociaux se poursuivent, et que l’on doit donc « demeurer alerte », a souligné la ministre responsable d’assurer l’intégrité du prochain scrutin.

« Les compagnies de réseaux sociaux sont en train de prendre un peu plus leurs responsabilités. Je ne crois pas qu’elles ont fait tout ce qu’elles doivent faire, mais quand même, c’est un pas positif. On verra comment ça évolue dans les prochains mois », a-t-elle mentionné.

Dans un rapport publié en juin 2017, le Centre de sécurité des télécommunications (CST) soulignait que l’on n’avait pas constaté à ce jour « l’utilisation de cybercapacités par des États-nations visant à influencer le processus démocratique du Canada pendant des élections ».

L’agence d’espionnage électronique canadienne s’attend toutefois « à ce que de nombreux groupes d’hacktivistes déploient des cybercapacités en vue d’influencer le processus démocratique lors des élections fédérales qui auront lieu en 2019 ».

La majorité de ces activités seront probablement « de faible complexité », mais certaines « seront bien planifiées » et cibleront « plus d’un aspect du processus démocratique », ajoute le CST, estimant « que les partis politiques, les politiciens et les médias » sont les plus vulnérables.