L’équipe de Doug Ford a annoncé mercredi que la campagne du chef conservateur ne serait pas suivie au jour le jour par un autocar de médias, comme c’est la coutume.

Pas de journalistes dans la caravane de campagne de Doug Ford

TORONTO — Contrairement aux coutumes électorales, les journalistes ne seront pas de la caravane de campagne du nouveau chef progressiste-conservateur de l’Ontario, Doug Ford, ce printemps.

L’équipe de Doug Ford a annoncé mercredi que la campagne du chef conservateur ne serait pas suivie au jour le jour par un autocar de médias, comme c’est la coutume.

Des observateurs de la scène politique croient que les conservateurs veulent ainsi éviter que leur chef, un néophyte sur la scène provinciale, soit exposé aux nombreuses « pelures de banane » d’une campagne électorale suivie pas à pas, alors que les chefs des deux autres principaux partis sont aguerris à ce genre de pièges.

La porte-parole Melissa Lantsman a expliqué que les activités de campagne seraient diffusées en ligne et que l’itinéraire de M. Ford serait accessible aux médias qui voudront couvrir l’événement. Elle soutient que les médias couvrent de plus en plus les événements depuis leur bureau, grâce aux diffusions en ligne.

Ces diffusions ne permettent toutefois pas aux journalistes de poser des questions, comme ils le font plusieurs fois par jour en campagne électorale, lorsqu’ils suivent le chef d’étape en étape.

Des experts de la chose politique croient plutôt que cette stratégie vise à éviter que M. Ford, un « électron libre » dont les déclarations fracassantes font souvent les manchettes, soit tenté d’improviser constamment. Ces experts déplorent cependant la perte de transparence.

Les entreprises médiatiques déboursent des milliers de dollars pour louer des places à bord de l’autocar des médias, voire de l’avion nolisé pour atteindre les régions éloignées.

Les journalistes paient aussi bien sûr leurs repas et leurs nuitées à l’hôtel.

Ces tentatives de « contrôle du message » ne sont pas nouvelles, rappelle Tamara Small, professeure de sciences politiques à l’Université de Guelph. Les conservateurs fédéraux de Stephen Harper avaient imposé une limite de cinq questions lors des conférences de presse.

Plus récemment, les libéraux fédéraux ont inondé les journaux du pays avec des photos prises par le photographe officiel du premier ministre Justin Trudeau.

Le président Donald Trump réussit à s’adresser directement aux Américains par des messages sur Tweeter — qui sont immédiatement repris par les médias traditionnels, sans qu’ils puissent poser des questions.

« Doug Ford est très populaire notamment parce qu’il n’a pas la langue de bois, mais cette qualité peut devenir problématique », soutient la professeure Small. Mais Jonathan Rose, professeur de sciences politiques à l’Université Queen’s, rappelle aussi que « la base électorale de Doug Ford pourrait prendre plaisir à le voir mettre au pas les médias ».

« La vague américaine de populisme, qui a en quelque sorte gagné l’Ontario depuis son élection, pourrait bien le démontrer. »

Les élections générales en Ontario se dérouleront le 7 juin.