Portée par la vague orange en 2011 et réélue en 2015, la néo-démocrate Ruth Ellen Brosseau a été battue dans Berthier—Maskinongé lundi.

Pas autant de femmes élues qu’espérées au Québec

Malgré une hausse réjouissante à 43,3% de candidatures féminines au Québec pour ces élections fédérales au sein des principaux partis, le nombre de femmes élues n’a pas suivi la tendance, lundi. Seulement 26 des 78 députés québécois à la Chambre des communes, soit 33,3%, seront des femmes.

C’est mieux que les 26,9% de 2015. Mais l’écart de 10% entre la part de candidates et la part d’élues pour la campagne 2019 s’avère trop important pour se contenter d’applaudir, estime le Groupe Femmes, Politique et Démocratie (GFPD).

«Si nous nous réjouissons de cette hausse significative de candidatures féminines québécoises, elle ne s’est toutefois pas traduite par une progression équivalente d’élues à la Chambre des communes», affirme la directrice générale du GFPD, Esther Lapointe, par communiqué. «Si les partis politiques ont fait de réels efforts dans le recrutement de candidatures féminines, un deuxième niveau de défi se pose pour ces derniers : celui de présenter des candidatures féminines dans des circonscriptions prenables.»

Car c’est là que le bât blesse. Oui, il y a quatre ans, seulement 26,9% des femmes candidates avaient obtenu la faveur populaire dans leur circonscription. Mais le taux de candidatures féminines n’était cette fois-là qu’à 27,2%. Donc la proportion de candidates et d’élues issues des principaux partis politiques (Bloc québécois, Nouveau Parti démocratique, Part libéral du Canada, Parti conservateur du Canada et Parti vert du Canada) était alors sensiblement le même.

Alors que quatre ans plus tard, on est loin du compte. «Le GFPD s’interroge à savoir comment s’assurer que la hausse du nombre de candidates se traduise par une progression équivalente du nombre d’élues. Parmi les hypothèses d’interprétation, il est permis de croire que le renouvellement des mandats, scrutin après scrutin, des députés sortants, ne favorise pas les nouvelles candidatures, notamment celles des femmes», explique l’organisme.

Le GFPD réclame des mesures législatives pour favoriser la parité tant à la Chambre des communes, sur la scène fédérale, qu’à l’Assemblée nationale du Québec. « D’ici là, les partis politiques doivent minimalement être à l’affût d’opportunités de circonscriptions prenables pour des candidates. Le recrutement de candidatures féminines doit demeurer un travail en continu à moyen et long termes», dit Mme Lapointe.