Le député d'Ottawa-Centre, Joel Harden
Le député d'Ottawa-Centre, Joel Harden

Pandémie: Joel Harden propose de s’inspirer de la Nouvelle-Zélande

Émilie Pelletier
Émilie Pelletier
Initiative de journalisme local — Le Droit
Le député néo-démocrate d’Ottawa-Centre Joel Harden croit que l’Ontario bénéficierait de prendre exemple sur la façon de faire des politiques de la Nouvelle-Zélande, autant dans la gestion de la crise de la COVID-19 qu’au quotidien.

« J’étais un étudiant de Jack Layton, qui m’a appris à pousser pour une société meilleure. Je pense qu’on devrait s’inspirer des autres partis politiques dans le monde, comme en Nouvelle-Zélande avec leur première ministre, Jacinda Ardern », avance le député Joel Harden, en entrevue avec Le Droit

Les pays menés par des femmes, comme la Nouvelle-Zélande et l’Allemagne, ont eu des résultats « systématiquement et significativement meilleurs » par rapport à la gestion de la COVID-19, selon une récente étude du Centre de recherche sur les politiques économiques du Forum économique mondial. 

La recherche, qui a fait l’analyse de 194 pays, suggère une réelle différence entre les pays où le chef d’État est une femme, versus un homme. Cette différence « peut être expliquée par la réponse proactive et coordonnée » adoptée par les premières ministres femmes, selon l’étude. « [Jacinda Ardern] nous démontre qu’il est possible de demander mieux », soutient M. Harden. 

Le député d’Ottawa-Centre appelle le gouvernement ontarien à se rappeler des erreurs commises dans la gestion du virus dans les foyers de soins de longue durée quand vient le temps de prendre des décisions pour la rentrée scolaire.

« Si on répète les mêmes erreurs dans nos écoles, on ne sera pas prêt à contrôler le virus en septembre. »

Ne vous inspirez pas d’Ottawa !

Bien au fait des ratés du train léger à Ottawa, M. Harden s’inquiète quand il entend le gouvernement Ford annoncer des projets de transports en commun un peu partout en Ontario. « Chaque fois qu’ils font une nouvelle annonce, je suis là et je leur dis toujours de ne pas aller dans la même direction qu’est allée Ottawa avec le train léger. »

Au cours des dernières semaines, le gouvernement ontarien s’est engagé à accélérer la construction des autoroutes, des infrastructures et des projets de transports en commun. 

Il a notamment annoncé l’accélération de quatre projets de transports en commun majeurs dans la région du Grand Toronto.


« On a vu déjà les résultats d’un tel projet. C’est une catastrophe. [...] Et les nouveaux projets que M. Ford a annoncés ? C’est encore la même chose, des compagnies privées. »
Joel Harden, député provincial d'Ottawa-Centre

Le député ottavien est d’avis qu’il faut faire l’embauche de prestataires de services publics, plutôt que de jumeler le public et le privé.

Selon lui, cela aurait permis une plus grande transparence et les gestionnaires auraient été obligés de rendre des comptes plus efficacement au public.

« On a vu déjà les résultats d’un tel projet. C’est une catastrophe. [...] Et les nouveaux projets que M. Ford a annoncés ? C’est encore la même chose, des compagnies privées. »

Porte-parole pour le dossier de l’Accessibilité et des Personnes ayant des déficiences, ainsi que celui des Services aux aînés, M. Harden déplore également un grand manque d’accessibilité dans les transports en commun d’Ottawa.

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À 25 ANS, HARDEN S'EST INFILTRÉ À QUEEN'S PARK

Une anecdote plutôt croustillante a marqué le début de la carrière en politique du député d’Ottawa-Centre, Joel Harden. Il l’a racontée au Droit. Court récit. 

« Quand j’avais environ 25 ans, mes parents étaient divorcés et nous vivions dans un contexte de pauvreté. Nous étions prestataires de l’assistance sociale, pendant environ trois ou quatre ans, ce qui nous aidait, entre autres, à faire l’épicerie. Le gouvernement conservateur de Mike Harris, au pouvoir à l’époque, a coupé 20 % de ce service d’assistance sociale. Il a annoncé que oui, c’est possible de couper pour les plus pauvres. À ce moment-là, j’étais étudiant à la maîtrise à l’Université Queen’s. 

«Je suis allé à Queen’s Park, à la galerie publique, et quand M. Harris s’est levé, j’ai crié que c’était inacceptable. Vraiment, je ne savais pas exactement ce que je faisais, mais c’était une question qui me tenait à cœur. Le garde de sécurité m’a amené dans une petite pièce, au sous-sol, dans un genre de prison, et après une trentaine de minutes, on m’a laissé sortir et j’ai rencontré les médias. Je leur ai expliqué que j’étais contre les personnes qui se battent contre les personnes plus pauvres. Je suis retourné en classe et j’ai fait mon chemin ensuite. 

«Plusieurs années plus tard, en 2018, alors que j’étais de retour à Queen’s Park, mais comme député, le même garde de sécurité était toujours là. Il m’a fait promettre de ne pas causer de problèmes. »