Jean-François Lisée a profité de son passage devant le parlement pour souligner l’injustice dont le gouvernement fédéral est coupable envers le Québec. Derrière lui, on reconnaît les candidats Yves Destroismaisons (Papineau), et Marysa Nadeau (Hull).

Ottawa et le «détournement de fonds»

Le Parti québécois a fait campagne devant le parlement à Ottawa dimanche matin afin de réclamer du fédéral la juste part du Québec dans les investissements fédéraux.

Selon le chef péquiste, Jean-François Lisée, le déficit annuel de la province en matière de dépenses fédérales est « de quelque 2,6 milliards $, l’équivalent de 14 000 emplois ».

« Nous sommes en train de vivre le plus grand détournement de fonds depuis l’histoire du Québec dans le Canada », a pesté M. Lisée à quelques mètres de la flamme du Centenaire et entouré de ses principaux lieutenants et des candidats du PQ de l’Outaouais.

D’après M. Lisée, le Québec ne reçoit pas sa juste part en matière de construction maritime, notamment. 

À la veille de la rentrée parlementaire à Ottawa, il a indiqué que le fédéral verse des milliards de dollars à des chantiers maritimes à Halifax et à Victoria, créant ainsi « des emplois exceptionnels » dans ces villes alors que des travailleurs de la Davie à Lévis sont au chômage.

« L’injustice structurelle fédérale pour l’économie québécoise qui se déroule depuis des décennies est symbolisée comme jamais auparavant par cette injustice flagrante », a lancé M. Lisée, dénonçant que de l’argent québécois est investi par Ottawa dans d’autres provinces pour y créer de la richesse.

M. Lisée a précisé que le fédéral « a été au rendez-vous » lors de la crise de l’industrie automobile en Ontario en 2008. Il a signalé que l’industrie pétrolière en Alberta, le nucléaire et la province de Terre-Neuve-et-Labrador « pour concurrencer Hydro-Québec sur les marchés américains » ont bénéficié de l’aide d’Ottawa au fil des ans.

Le gouvernement Trudeau a refusé de répliquer à l’abordage péquiste, dimanche. 

« Nous n’allons pas nous ingérer dans la campagne électorale en cours au Québec ni commenter les propositions des différents partis », a indiqué par courriel l’attachée de presse principale au cabinet du premier ministre Justin Trudeau, Chantal Gagnon.

Le chef péquiste a accusé le premier ministre Trudeau de vouloir signer l’ALÉNA pour que l’Ontario puisse profiter d’ententes avec le Mexique, et qu’il donnera en échange les fermes laitières du Québec.

Devant des militants en après-midi à Gatineau, M. Lisée a continué sur la lancée qu’il avait prise devant le parlement. 

« On a beau faire les plus beaux plans de développement économique, si on n’a pas notre juste part de notre propre argent pour faire des investissements au Québec, c’est comme si on avait un sabot de Denver sur notre autobus électronique économique », a illustré le chef péquiste.

Avec Justine Mercier, Le Droit