Justin Trudeau en conférence de presse à Ottawa, jeudi

Ottawa annonce une révision des permis d’exportation vers Riyad

OTTAWA - Le gouvernement canadien procède à une révision des permis d’exportation vers l’Arabie saoudite, a indiqué jeudi le premier ministre Justin Trudeau.

Il a cependant refusé de préciser quelle pourrait être la pénalité financière à laquelle s’exposerait Ottawa s’il résiliait le contrat de véhicules blindés d’une valeur de 15 milliards $.

En début de semaine, il avait affirmé que ce contrat signé sous le précédent gouvernement prévoyait des sanctions élevées en cas d’annulation, évoquant la somme d’un milliard $.

Son bureau avait par la suite signalé que c’était là une expression pour illustrer une facture salée et non pas un montant précis.

Lorsqu’il a été de nouveau interrogé à ce sujet en conférence de presse, jeudi, le premier ministre a ajouté un pluriel au milliard.

«Le contrat qui a été signé par Stephen Harper et l’ancien gouvernement, c’est un contrat extrêmement difficile», a-t-il rappelé.

«Ça pourrait nous coûter des milliards de dollars de sortir de ce contrat, mais je ne peux pas donner plus d’information que ça (...) à cause des clauses de confidentialité», a-t-il ajouté.

Le premier ministre a expliqué que la suspension des permis pourrait permettre à Ottawa de s’accorder des «moments» et d’avoir un «levier» afin d’»exiger plus de réponses» de Riyad.

«On fait partie d’une communauté internationale qui a des questions graves pour l’Arabie saoudite sur le comportement des Saoudiens par rapport au meurtre de Jamal Khashoggi», a-t-il plaidé.

«Tant qu’il n’y aura pas des réponses, nous allons continuer de chercher des moyens de mettre de la pression concertée sur ce pays pour s’assurer qu’ils comprennent l’importance de respecter les droits de la personne et la liberté de la presse», a ajouté M. Trudeau.

Depuis le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi dans un consulat à Istanbul, la communauté internationale multiplie les pressions sur l’Arabie saoudite.

Certains pays, comme l’Allemagne, ont annoncé la fin de la vente d’armes au royaume.