Les candidats dans le comté d'Orléans: la libérale Marie-France Lalonde, le progressiste-conservateur, Cameron Montgomery, et la néo-démocrate, Barbara Zarboni.

Orléans: le comté «baromètre»

Il y a fort à parier que le soir du scrutin provincial, le 7 juin, tous les yeux seront tournés vers Orléans, une circonscription « baromètre » parmi les 124 que compte l’Ontario. Depuis près de deux décennies, les électeurs de ce comté dont la population est formée de 35 % de francophones votent pour le candidat du parti qui forme le gouvernement.

Si cette tendance se maintient, en se fiant aux résultats des sondages des dernières semaines, c’est donc dire que la bataille risque d’être enlevante jusqu’à la toute fin dans cette circonscription de l’est de la capitale fédérale. 

En poste depuis 2014, la députée et ministre sortante, Marie-France Lalonde, sollicite un deuxième mandat. La libérale fait entre autres face à une conseillère financière à la retraite, Barbara Zarboni, qui représente le NPD, ainsi qu’au professeur à l’Université d’Ottawa, Cameron Montgomery, qui porte les couleurs du Parti progressiste-conservateur.

Trois candidats qui n’ont pas nécessairement la même vision et les mêmes priorités pour le comté en pleine croissance démographique et où s’installent plusieurs jeunes familles chaque année. 

De fait, l’un des seuls enjeux sur lesquels ils sont unanimes dans leurs propos recueillis par Le Droit est l’achèvement de la phase 2 du train léger jusqu’au chemin Trim, attendu de pied ferme par plusieurs. Le projet doit être complété d’ici cinq ans. 

« Les gens réclament un meilleur transport en commun à Orléans. Le NPD a toujours milité pour que le transport collectif soit accessible, offert à un coût raisonnable, parce que ce n’est pas tout le monde qui possède un véhicule. Mais encore faut-il que le transport comme les autobus soit davantage accessible le soir et la fin de semaine, entre autres », lance Mme Zarboni à ce sujet. 

L’accès à des services de garde plus abordables, par exemple en éliminant les frais pour les contribuables dont le salaire annuel est sous le seuil des 40 000 $, ainsi que l’assurance dentaire pour tous les Ontariens, un engagement des néo-démocrates, sont au nombre des autres priorités de la candidate unilingue anglophone. 

De son côté, Mme Lalonde priorise entre autres la construction du Carrefour Santé d’Orléans, l’ajout d’une voie réservée aux véhicules multioccupants sur la route 174 et la reconstruction d’un centre d’interprétation à l’île Petrie, l’ancien ayant été détruit à la suite des inondations historiques du printemps 2017. 

La gratuité des médicaments d’ordonnance pour les personnes âgées de 65 ans et plus, une promesse libérale, tient aussi à cœur l’élue sortante, elle qui prône des mesures pour que les aînés puissent rester à domicile. 

Son rival Cameron Montgomery s’en remet quant à lui aux engagements provinciaux de son chef Doug Ford lorsque questionné sur ses priorités pour le comté. 

« Notre parti va apporter du changement positif pour les gens d’Orléans et de l’Ontario. Je m’engage à trouver des solutions pour le gâchis qu’est l’électricité en réduisant les tarifs de 12 % et à remettre de l’argent dans les poches des contribuables en baissant le prix de l’essence de 10 cents le litre », affirme-t-il, s’engageant aussi à investir en santé mentale et à « mettre fin aux traitements dans les corridors des hôpitaux ». 

Francophonie

En matière de francophonie, les trois candidats s’entendent tous pour dire qu’une refonte de la Loi sur les services en français est nécessaire. La création de l’Université de l’Ontario français fait également partie de leurs engagements. 

Marie-France Lalonde soutient pour sa part qu’il est primordial de travailler en collaboration avec les conseils scolaires pour la construction d’autres écoles francophones à Orléans. 

« Les maisons poussent comme de petits champignons dans ce coin-ci de la ville, alors il faut des stratégies pour procéder à l’ouverture d’autres établissements. [...] Il faut s’assurer que les services auxquels les Franco-Ontariens ont droit, et qu’on prend trop souvent pour acquis, vont être respectés », lance celle qui a succédé à Phil McNeely en 2014. Elle se dit également sensible à la pénurie d’enseignants francophones. 

La candidate libérale est d’avis que « sans avoir à parfaitement la parler », un député d’Orléans devrait être capable de s’exprimer minimalement la langue de Molière et surtout comprendre la culture qui y est rattachée. 

Mme Zarboni, qui désire apprendre le français si elle est élue, affirme quant à elle que les deux langues officielles sont une fierté canadienne. Elle ajoute qu’un député devrait être bilingue « dans un monde idéal » mais que les francophones et les anglophones ont les mêmes priorités dans leur vie quotidienne. 

ORLÉANS EN CHIFFRES

Population : 128 280

Nombre d’électeurs inscrits en 2014 : 95 258

Superficie : 211 km2

Résultats de la dernière élection :
LIB : 54 % / PC : 33 % / NPD : 9 %

Taux de participation : 59%

À noter : Il s’agit d’un comté baromètre. Le vainqueur appartient toujours au parti remportant les élections. Les libéraux y dominent depuis 2003, alors que les progressistes-conservateurs ont occupé le siège les quatre années précédentes.


AUTRES CANDIDATS EN LICE

  • Gérald Bourdeau (Parti Libertarien)
  • Nicholas Lapierre (Parti Vert de l’Ontario)
  • Samuel Schwisberg (indépendant)