Carol Jolin, président de l’AFO

Optimisme prudent pour l’AFO

Si elle ne se gêne pas pour dire que le gouvernement Ford a connu un bien mauvais départ en se mettant à dos la communauté francophone dès les premiers mois de son mandat, l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) tient aujourd’hui un discours plus tempéré au sujet des progressistes-conservateurs.

« Il y avait d’abord eu le discours du Trône, lors duquel il n’y a pas eu un seul mot en français, et ensuite on sait tous ce qui s’est passé le 15 novembre (dissolution du Commissariat aux services en français et mise au rancart du projet d’Université de l’Ontario français [UOF]). Depuis ce temps, avec le mouvement de résistance, je pense que le message a été entendu. Il y a une meilleure compréhension de la francophonie, on l’a vu par exemple avec la réforme du système de santé. On garde l’œil ouvert, mais il y aura une évaluation des services en français, on conserve les entités de planification et aussi le comité conseiller pour la ministre de la Santé. La position de l’ombudsman a également évolué positivement. On l’a rencontré il y a un mois et il nous a dit que le commissaire adjoint qui sera embauché aura le même mandat de proactivité qu’avait François Boileau. Ce n’est pas encore parfait, mais ce n’est plus le même langage qu’on entendait », lance le président de l’AFO, Carol Jolin.

Il concède que malgré ses avancées, la relation de confiance entre le gouvernement et les Franco-Ontariens a été affectée.

« La vigilance, c’est le mot à retenir. Le gouvernement a appris à mieux nous connaître et s’est rendu compte que nous sommes une communauté résiliente, qui est capable de se faire entendre. Mais depuis le 15 novembre, les communications avec le bureau du premier ministre se sont améliorées. Le fait d’ajouter une agente de liaison aux affaires francophones, ç’a été un pas dans la bonne direction », ajoute-t-il.

D’autre part, l’AFO voit d’un bon œil le fait que le dossier de l’UOF évolue lentement mais sûrement en coulisses.

« On continue de revendiquer que le gouvernement provincial demande l’aide du fédéral pour que celui-ci finance les quatre premières années d’activité comme il l’a offert. Mais on sait qu’il y a beaucoup de travail qui se fait en ce moment avec le conseil des gouverneurs. On nous dit que ça avance, c’est un bon point, car au départ on disait que ce serait mis de côté jusqu’à ce que les finances de la province soient assainies. On a fait des demandes pour le Programme de contestation judiciaire du fédéral, mais en ce moment ça avance sur le plan politique, alors le côté légal sera notre dernier recours », affirme M. Jolin.

Il rappelle que le temps presse et que « chaque année de report (du projet) cause des torts irréparables à plusieurs jeunes diplômés des écoles secondaires francophones, pour qui la seule option est de s’exiler ou de se tourner vers des études en anglais ».

Avec ses partenaires, l’AFO travaille aussi à la rédaction du libellé d’une version modernisée de la Loi sur les services en français, qui n’a pas été revue depuis 33 ans. On espère pouvoir la présenter au gouvernement l’automne prochain. Daniel LeBlanc