Le premier ministre sortant, Brian Gallant

Nouveau-Brunswick: le gouvernement libéral de Gallant renversé

FREDERICTON — Le gouvernement libéral au Nouveau-Brunswick est tombé, vendredi matin, après avoir perdu le vote de confiance sur son discours du Trône.

Le premier ministre, Brian Gallant, qui s'accrochait au pouvoir depuis cinq semaines, a déclaré vendredi en Chambre qu'il irait immédiatement voir la lieutenante-gouverneure, Jocelyne Roy Vienneau, pour lui remettre sa démission. Le chef du Parti progressiste-conservateur, Blaine Higgs, devrait ensuite être invité à tenter de former à son tour un gouvernement - et à gagner lui-même la confiance de la Chambre, avec un discours du Trône.

M. Gallant a souhaité bonne chance aux conservateurs, en estimant que «leur succès sera celui du Nouveau-Brunswick». La veille, il avait indiqué qu'en cas de renversement de son gouvernement minoritaire, il discuterait avec sa femme pour décider s'il resterait chef de l'opposition ou s'il démissionnerait de son poste.

Aux élections de septembre, les libéraux n'avaient remporté que 21 sièges, un de moins que les conservateurs; le Parti vert et l'Alliance des gens du Nouveau-Brunswick en ont récolté trois chacun, et ils détiennent donc la balance du pouvoir. M. Gallant a tenté de rester en poste avec un gouvernement minoritaire, en ajoutant plusieurs des promesses de campagne des autres partis à son discours du Trône prononcé plus tôt cette semaine. Mais les conservateurs et l'Alliance ont voté contre, vendredi matin.

M. Higgs a indiqué qu'il souhaitait une transition le plus rapidement possible; il veut présenter un discours du Trône avant la fin du mois. «Le discours du Trône ne sera pas une liste d'épicerie: ce sera une liste de priorités, axée sur certains enjeux importants sur lesquels nous pouvons nous mettre d'accord», a-t-il déclaré après le vote en Chambre. «Nous allons fixer des objectifs ambitieux, et nous allons les atteindre. Nous n'avons pas besoin de plus d'impôts : nous avons besoin de résultats concrets.»

M. Higgs, qui devait se rendre chez la lieutenante-gouverneure en milieu d'après-midi, croit que son gouvernement minoritaire pourrait survivre quatre ans en produisant des résultats. Mais son succès dépendra du soutien des partis d'opposition.

Au moins 18 mois

Le chef de l'Alliance, Kris Austin, a déclaré que son parti avait accepté d'accorder sa confiance aux conservateurs pendant au moins 18 mois, afin d'assurer une certaine stabilité à la législature. «Nous ne sommes liés à personne, mais dans un gouvernement minoritaire, vous devez collaborer, et nous avons convenu de le faire avec M. Higgs», a-t-il déclaré. M. Austin a toutefois précisé que les députés de l'Alliance seraient libres de voter selon leur conscience sur les projets de loi du gouvernement conservateur.

M. Austin a indiqué que sa priorité serait d'amener le nouveau gouvernement à remédier à la pénurie d'ambulanciers dans la province. Le chef de l'Alliance a déjà laissé entendre que cette pénurie était attribuable à l'exigence de bilinguisme à l'embauche.

Le chef du Parti vert, David Coon, et ses deux députés ont voté vendredi, comme prévu, en faveur du discours du Trône des libéraux, qui reprenait bon nombre des promesses de campagne des écologistes.

Avant le vote, vendredi, M. Gallant a fait un dernier plaidoyer lors de la clôture du débat. Il a soutenu que les Néo-Brunswickois avaient voté pour une nouvelle façon de gouverner, et il a assumé l'entière responsabilité des résultats du scrutin. Le premier ministre a par ailleurs admis qu'il était lui-même parfois tombé dans de vieilles habitudes partisanes.

Il a aussi admis que les résultats du scrutin pouvaient suggérer une fracture dans l'électorat qui suivrait des lignes régionales et linguistiques — les libéraux dominant le nord, majoritairement francophone, alors que les conservateurs et l'Alliance remportant le sud, majoritairement anglophone. Le chef libéral croit toutefois que les citoyens ne devraient pas se laisser emporter par ces divisions apparentes. «Ce qui nous unit est plus grand que ce qui nous sépare [...] Nous sommes tous des Néo-Brunswickois.»