La gestion du Musée des sciences et de la technologie du Canada a été mise à mal par le vérificateur général du Canada dans son dernier rapport.

Musée des sciences et de la technologie: la collection a été mal gérée

La gestion de la collection du Musée des sciences et de la technologie du Canada comportait un « défaut grave », affirme le vérificateur général du Canada.

Dans son rapport déposé en janvier dernier et dévoilé publiquement mardi, Sylvain Richard pointe du doigt la Société Ingenium, une société d’État qui gère trois musées dans la capitale fédérale. Les institutions sous sa gouverne sont le Musée des sciences et de la technologie du Canada, sur le boulevard St-Laurent, de même que le Musée de l’aviation et de l’espace du Canada et le Musée de l’agriculture et de l’alimentation du Canada.

« Dans l’ensemble, nous avons constaté que les nombreuses faiblesses dans la manière dont la Société gérait, protégeait et préservait sa collection — son principal actif — une fois considérées ensemble, constituaient un défaut grave », révèle-t-il dans son rapport.

L’un des principaux problèmes relevés par le vérificateur est la location d’installations par la Société, pour entreposer une partie de sa collection ainsi que de nouveaux objets. Or, ces « nouveaux objets » n’étaient pas évalués, ni catalogués et ni intégrés à la collection.

« Le mauvais état des entrepôts menaçait grandement les objets, qui risquaient de se dégrader, de s’endommager ou de se faire voler, peut-on lire dans le rapport. Ce risque restera élevé tant que la collection ne sera pas déménagée au cours des prochaines années dans le Centre de conservation des collections. De plus, la Société n’avait pas satisfait à ses propres exigences de conservation, faisant ainsi peser un risque accru sur l’intégrité de la collection. »

Le Centre de conservation des collections est actuellement en construction à Ottawa au coût de 150 millions $.

Des faiblesses à corriger

Le vérificateur général a également relevé « plusieurs faiblesses » au sein de la gestion organisationnelle de la Société.

« Nous avons constaté qu’il y avait des faiblesses dans les modalités de surveillance de la conformité aux lois, aux règlements et aux politiques, ainsi que dans la gestion des risques d’entreprise connus », affirme M. Richard.

Certaines des faiblesses recensées touchent notamment le conseil d’administration.

« Le conseil d’administration n’a pas reçu de la direction des renseignements complets sur les modalités de gestion de la collection » et « n’a pas surveillé la conformité aux principales exigences prévues dans les lois, règlements et politiques », écrit-il.

Au cours des dernières années, la Société a concentré ses efforts sur la reconstruction et la réouverture du Musée, en novembre 2017. L’institution avait fermé ses portes en 2014 dans le but de corriger certains problèmes liés à la sécurité.

« Ces travaux, qui devaient initialement durer plusieurs mois, ont été transformés en un projet de reconstruction complet et de renouvellement des expositions, qui a coûté environ 76 millions $ », rappelle M. Richard.

La Société Ingenium a consacré environ 47 millions $ à l’exploitation de ses trois musées, dont 34 millions $ ont été octroyés par le gouvernement fédéral.

Au total, le vérificateur a rédigé neuf recommandations dans son examen spécial, mené du 1er décembre 2017 au 30 avril 2018. Celles-ci ont toutes été acceptées par la Société.