Samedi avait lieu la présentation des organismes participant au premier appel de projets du Fonds d’investissement citoyen de la députée solidaire de Sherbrooke, Christine Labrie. Plus de 400 personnes se sont déplacées pour visiter les kiosques et prendre connaissance des différents projets communautaires, afin de voter pour leurs préférés.

Mobilisation pour soutenir les projets communautaires

Samedi avait lieu la présentation des organismes participant au premier appel de projets du Fonds d’investissement citoyen de la députée solidaire de Sherbrooke, Christine Labrie. Plus de 400 personnes se sont déplacées pour visiter les kiosques et prendre connaissance des différents projets communautaires, afin de voter pour leurs préférés. Mme Labrie se réjouit de ce taux de participation : elle remet un choix entre les mains des Sherbrookois, et ceux-ci répondent à l’appel.

Pas moins de 302 bulletins de vote ont été remplis au Centre Multi Loisirs Sherbrooke. Et plusieurs autres visiteurs se sont montrés déçus de ne pas pouvoir voter, n’étant pas inscrits dans la circonscription représentée par Mme Labrie.

Les citoyens inscrits sur la liste électorale de la circonscription de Sherbrooke pouvaient sélectionner leurs cinq projets favoris parmi ceux des 55 organismes participants. Les plus populaires auront droit à une partie de l’argent du fonds discrétionnaire de la députée, jusqu’à l’atteinte de 25 000 $.

Il sera encore possible pour les citoyens de voter lundi et mardi prochain, de 10 h à 16 h, au bureau de circonscription situé au 230 rue King Ouest. Un dossier avec tous les projets des organismes sera disponible pour consultation. Les projets choisis seront annoncés à la population dans la semaine du 11 mars.

Chaque député doit répartir ses fonds discrétionnaires d’une manière ou d’une autre. D’habitude, il consulte les projets soumis, et choisi lesquels auront droit à une somme.

« Moi je trouvais que ça manquait de transparence cette démarche-là, et je voulais faire participer les citoyens à la répartition des fonds. Il y a une sélection qui se fait de toute façon, et je veux que cette sélection-là se fasse par les citoyens. »

Valeur ajoutée

La présentation des organismes était aussi l’occasion pour les citoyens de prendre connaissance des missions de chacun, d’échanger sur les problèmes rencontrés et de s’informer des services offerts.

« J’ai plein de citoyens qui viennent me voir pour me dire à quel point ils sont contents de découvrir ces projets-là. C’est exactement la valeur ajoutée qu’on voulait allait chercher en fonctionnant comme ça, de donner la visibilité aux organismes et leurs projets », exprime la députée.

Les participants rencontrés par La Tribune ont majoritairement salué l’initiative de Mme Labrie.

« C’est une excellente initiative. Ça m’a permis de connaître des organismes et de partager des idées. La population a été consultée, il y a une volonté politique intéressante pour Sherbrooke », indique Loïc Brurat.

Noémie Poliquin-Côté et Pascale St-Pierre ont pu donner leur nom à plusieurs organismes pour être bénévoles.

« C’est une bonne idée, mais c’est aussi le temps pour voir à quel point il y a un besoin énorme dans notre communauté, c’est déprimant. Par contre, c’est plaisant de voir les belles initiatives des organismes, et de les voir s’entraider », expriment-elles.

Bien que certains se sont montrés en désaccord avec une certaine compétition installée entre les organismes, ils admettent toutefois que cette compétition existait déjà dans la méthode de financement initiale.

Pas moins de 302 bulletins de vote ont été remplis. Et plusieurs autres visiteurs se sont montrés déçus de ne pas pouvoir voter, n’étant pas inscrits dans la circonscription représentée par Mme Labrie.

Façon de faire critiquée

Samedi matin, on pouvait lire dans La Tribune une lettre d’opinion écrite par Claude Forgues, ex-directeur général de Centraide Estrie et ex-candidat à l’investiture du Parti québécois en 2018. Ce dernier critiquait l’idée de « créer une kermesse communautaire afin d’égrener des miettes au profit des organismes communautaires ».

En réponse à cette lettre d’opinion qui a fait du bruit sur les réseaux sociaux, Mme Labrie invite M. Forgues à se renseigner davantage.

« Il y avait des informations qui étaient erronées dans sa compréhension de l’événement. Il mettait en lumière le sous-financement du communautaire. C’est un problème qui est réel, qui est majeur. C’est certain qu’on ne peut pas compter sur les fonds discrétionnaires d’un député, qui correspondent à environ 80 000 $ par année, pour pallier le sous-financement du communautaire, ce n’est pas le but de ces fonds-là de toute façon. »

La députée demeure très consciente qu’il n’y aura pas assez d’argent pour combler le sous-financement des organismes dans le montant qu’elle propose.

« Je suis déchirée de savoir qu’on ne pourra pas financer tous ces projets-là, qui sont tous extraordinaires. Je veux que [le choix de financement] soit fait par les citoyens, je trouve que c’est plus légitime. Ça permet aux citoyens de voir toutes les belles idées qui existent et de voir ce qui peut être fait et ce qui ne peut pas en raison du financement. »

Mme Labrie rappelle qu’il s’agit de la première fois qu’un député consacre plus de 50 % de son enveloppe discrétionnaire à une formule participative.

« Oui, on prend des notes, on a un cahier où les gens peuvent laisser des commentaires et on va sonder les organismes après. Nous, on a toujours tenu compte que c’est un projet pilote. On va adapter nos façons de faire en fonction des commentaires qu’on reçoit. »