Martine Ouellet a toujours refusé de quitter son poste, même après avoir perdu l’appui du président du parti et député, Mario Beaulieu, au cours des dernières semaines.

Martine Ouellet de plus en plus isolée au Bloc québécois

OTTAWA — Les sept députés dissidents du Bloc québécois ont préféré ne pas commenter le projet de refondation de leur ancien parti soumis par la présidente de son Forum jeunesse et ex-attachée de presse de Martine Ouellet, Camille Goyette-Gingras. Même scénario pour le chef parlementaire bloquiste, Xavier Barsalou-Duval.

«Je n’ai pas l’intention de me prononcer sur le fond de la proposition parce qu’au Bloc québécois, comme dans n’importe quel parti politique, on a des instances où on peut faire cheminer les propositions», a-t-il dit en entrevue en invitant le ou les auteurs de la fuite à utiliser «les canaux de communication réguliers».

Un document envoyé de façon anonyme à plusieurs médias propose de profiter de la crise qui secoue le parti pour faire table rase sur les dernières années du Bloc québécois et d’en faire un véhicule fédéral de convergence des forces indépendantistes, en incluant les sept dissidents, les partis et les mouvements souverainistes. Cette démarche impliquerait une course à la direction dès la mi-octobre pour élire un nouveau chef à la tête du parti.

«Il faut qu’on soit capables d’aller chercher beaucoup plus large que ce qu’on était capables de faire, a expliqué Mme Goyette-Gingras en entrevue. [...] La politique a tellement changé dans les dernières années et le mouvement indépendantiste aussi, je pense que c’est nécessaire qu’on se mette à jour, qu’on se réactualise et qu’on soit capables d’attirer les gens qui sont indépendantistes, mais qui n’ont jamais été intéressés par le Bloc québécois.»

Martine Ouellet et Camille Goyette-Gingras, en août 2017.

Celle-ci s’est abstenue de se prononcer sur l’avenir politique de son ancienne patronne en disant que le Forum jeunesse préférait se concentrer sur la refondation du parti. Le document, qui aurait été modifié de sa version originale selon Mme Goyette-Gingras, fait état de l’échec de Martine Ouellet malgré «son expérience, sa compétence et sa détermination» et précise qu’une course à la direction implique sa démission.

La chef actuelle, Martine Ouellet, a toujours refusé de quitter son poste même si elle se trouve de plus en plus isolée. Elle a notamment perdu l’appui du président du parti et député, Mario Beaulieu, au cours des dernières semaines. Certaines associations de comté ont également réclamé que Mme Ouellet quitte la direction du parti, notamment l’association de Chicoutimi-Le Fjord où une élection partielle doit avoir lieu d’ici l’automne.

Son chef parlementaire à la Chambre des communes ne partage pas cette opinion et maintient son appui. «Je pense qu’elle est la meilleure personne pour diriger le Bloc québécois», a affirmé M. Barsalou-Duval en soulignant son «approche assumée de l’indépendance du Québec» et «sa grande expérience».

Le Bloc québécois est plongé dans la tourmente depuis la démission à la fin du mois de février de sept de ses 10 députés. La sortie de crise proposée par le bureau national du parti inclut un vote de confiance et un référendum sur le rôle du Bloc québécois comme «promoteur de l’option indépendantiste». Cette proposition sera soumise aux militants lors d’un conseil général le 29 avril. Ceux-ci pourraient également avoir à décider s’ils acceptent ou non un débat sur la proposition de refondation du parti par le Forum jeunesse.

Le Bloc québécois compte présentement trois députés à la Chambre des communes, soit Mario Beaulieu, Xavier Barsalou-Duval et Marilène Gill. Martine Ouellet, qui est députée à l’Assemblée nationale, cumule sa fonction de députée provinciale avec celle de chef d’un parti fédéral.