Selon Manon Massé, les gouvernements évitent de se poser la bonne question concernant les changements climatiques parce qu'ils ont peur de la vraie réponse.

Manon Massé recueille les idées des jeunes contre les changements climatiques

MONTRÉAL — Les jeunes du Québec sont de plus en plus mobilisés pour faire entendre leur voix afin de forcer les gouvernements à agir face à l'urgence climatique. Quelques dizaines d'entre eux ont répondu à l'appel de la chef parlementaire de Québec solidaire Manon Massé, samedi après-midi à Montréal, pour partager leurs idées.

Un peu plus d'une soixantaine de personnes se sont déplacées à l'espace artistique du Ausgang Plaza pour entendre d'une part la vision de QS, mais surtout pour faire part de leurs initiatives et de leurs préoccupations.

Cette rencontre a été organisée en réaction à la controverse survenue au début du mois concernant la question posée par le ministère de l'Éducation à l'épreuve finale de français de 5e secondaire. De nombreux élèves ont dénoncé la formulation suivante : «Peut-on s'adapter aux changements climatiques?» qui laisse sous-entendre de l'avis de plusieurs, que le gouvernement a abandonné la lutte et qu'il considère plus important de s'adapter que de tenter de renverser la tendance.

Les élèves effectuant l'examen devaient rédiger, en trois heures, une lettre ouverte de 500 mots pour répondre à cette question.

Selon la chef du deuxième groupe d'opposition à l'Assemblée nationale, les gouvernements évitent de se poser la bonne question parce qu'ils ont peur de la vraie réponse.

«La bonne question est simple, il faut se demander comment on peut collectivement empêcher que le réchauffement atteigne les 2,5 degrés», affirme Manon Massé qui tenait à entendre l'opinion des jeunes qui ont enchaîné les manifestations au cours des derniers mois.

Plastique, hydrocarbures et transport

Oscar Lallier, élève de 5e secondaire, estime qu'il faut revoir sérieusement notre manière d'utiliser les ressources naturelles, dont les hydrocarbures. «On a tellement d'autres ressources pour répondre à nos besoins, donc il n'y a aucune réelle nécessité d'avoir recours au pétrole», croit-il.

Sa collègue de classe Marieke Glorieux-Stryckman, croit de son côté qu'il faut passer aux mesures radicales pour interdire l'usage du plastique et principalement des produits d'emballage.

Alix Gravel et Arno Landry ont fait la route depuis les Cantons-de-l'Est pour assister à la rencontre. Les élèves de 4e secondaire de l'école Massey-Vanier à Cowansville sont membres d'un groupe militant appelé «Brome-MissiSQUAD». Leur mission est d'implanter des projets écologiques dans leur région et de sensibiliser leurs pairs.

«On est là pour dire qu'on ne s'en fout pas de l'urgence climatique! On va en subir les conséquences et ceux qui s'en foutent vont faire subir les conséquences aux autres», dénonce la jeune Alix. «Il faut aussi que ce message se rende jusque dans les régions», insiste Arno.

Au cours de la discussion, plusieurs intervenants ont également abordé les enjeux du transport collectif. Certains ont souligné que les services sont inexistants dans bien des régions, alors que d'autres déplorent l'inefficacité et les coûts parfois élevés.

Alexandre Legault, ex-candidat solidaire dans Brome-Missisquoi et militant écologiste, dit être encouragé par la mobilisation des jeunes. Dans son témoignage visant à les encourager à poursuivre leur action, il est allé jusqu'à qualifier le fait de favoriser le réchauffement de la planète de «crime contre l'humanité».

Au terme de l'exercice, la porte-parole de QS a invité les jeunes à sensibiliser leur entourage et à poursuivre leur mobilisation. «Continuez à faire du bruit et à réfléchir à comment on va y arriver ensemble parce qu'il n'y a pas de plan B», a-t-elle lancé.