Le ministre responsable de Service Canada, Jean-Yves Duclos

Madame ou monsieur interdit à Service Canada: «respect», dit Duclos, «ridicule», dit l’opposition

Le ministre Jean-Yves Duclos estime que le langage neutre que l’on demande à des fonctionnaires fédéraux d’employer est une question de respect - une consigne que l’opposition à Ottawa considère «ridicule» et «farfelue».

Selon des documents obtenus par Radio-Canada, les employés de Service Canada qui interagissent avec la population ne peuvent plus utiliser les mots «monsieur», «madame», «père» et «mère», le tout afin d’éviter de donner l’impression d’un biais «envers un genre ou un sexe».

À son arrivée à la rencontre hebdomadaire du caucus de son parti, mercredi matin, le premier ministre Justin Trudeau ne s’est pas étendu sur le sujet, faisant valoir qu’il venait tout juste de prendre connaissance du reportage et qu’il comptait «regarder ça».

En revanche, le ministre responsable de Service Canada, Jean-Yves Duclos, a cautionné la consigne gouvernementale fédérale. Il a soutenu au micro des journalistes que l’emploi d’un langage neutre par les fonctionnaires constituait une marque de «respect».

Le reportage de Radio-Canada a fait parfois sourire, parfois sourciller, les élus de l’opposition croisés dans les couloirs du parlement, mercredi matin. Le lieutenant politique du Parti conservateur au Québec, Alain Rayes, a qualifié la directive donnée aux employés fédéraux de «ridicule».

Le député québécois Rhéal Fortin a abondé dans le même sens. «Ça devient quasiment farfelu», a-t-il lâché en mêlée de presse. «J’ai presque envie de vous dire que je suis content de voir qu’ils n’ont pas de plus gros problèmes que ça chez Service Canada», a-t-il ironisé.