Louis-Hébert, baromètre libéral

DÉCODAGE / Ne prenons ni Julie Boulet, ni Marguerite Blais, ni Alexandre Taillefer comme étalons de mesure de l’allant politique que possède ou pas le Parti libéral du Québec — d’«allant», car on ne peut pas parler d’élan. Pour mesurer cet allant, la circonscription de Louis-Hébert est un meilleur baromètre que ces noms qui ont défrayé la chronique cette semaine. Descendons sur le terrain.

D’abord, pourquoi la circonscription de Louis-Hébert? Parce que c’était une forteresse libérale et parce que le parti de Philippe Couillard s’y est cassé le nez récemment. Le bastion est tombé lors du scrutin partiel qui s’y est tenu en octobre. La caquiste Geneviève Guilbault a gagné au terme d’une campagne rocambolesque.

Un bon indicateur de la capacité ou pas du Parti libéral du Québec à attirer, à recruter des candidats pour un poste électif, passera par l’identité de celui ou celle qui portera ses couleurs dans cette circonscription de la région de la capitale.

Si le Parti libéral du Québec ne parvient pas à présenter une grosse pointure dans Louis-Hébert, c’est qu’il n’aura trouvé personne pour croire qu’il peut réellement être à la reconquête; c’est qu’il sera sur la défensive, et ce, même dans une circonscription qui lui appartenait il y a peu de temps encore.

Le parti de Philippe Couillard s’est cassé le nez récemment dans Louis-Hébert, pourtant une forteresse libérale.

Or, le parti a des difficultés à intéresser une recrue de prestige pour Louis-Hébert. Comme lors de la partielle d’octobre dernier, il a essuyé plusieurs refus.

Une jeune avocate est intéressée à se lancer sous la bannière libérale, une femme dont on dit beaucoup de bien. Cette personne pourrait très bien se révéler être un atout si elle décide effectivement de tenter sa chance et qu’elle est choisie par le parti.

Il ne s’agit pas ici de dire que les formations politiques ne doivent recruter que des «gros noms». Feu Jacques Daoust en était un. Il n’a pas pour autant été un ministre exceptionnel. L’actuel titulaire des Transports, André Fortin, député de Pontiac, n’était pas une vedette lorsqu’il a été recruté aux dernières élections. Il se débrouille pourtant plutôt bien depuis qu’il est ministre.

Mais il faut quand même savoir que le Parti libéral cherchait un «gros nom» pour Louis-Hébert. Et qu’il l’accueillerait encore à bras ouverts s’il s’en manifestait un.

C’est qu’il aurait aimé, et aimerait toujours, frapper un grand coup politique et médiatique dans cette circonscription francophone. Il aimerait prouver qu’il est à la reconquête et pas à la défensive.

Des gros noms, il en aura, certes. Mais dans des circonscriptions à Montréal.

Actuellement, dans les officines libérales, on mise au mieux sur les «circonscriptions de 2007», celles qui avaient donné un gouvernement… minoritaire.

Et on se met à espérer que la «modernité» d’Alexandre Taillefer finira par permettre d’envisager mieux que cette stratégie de repli sur la carte électorale de 2007.

Les appels de Lisée

Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, a lancé un énième appel aux sympathisants de Québec solidaire. C’est qu’avec le système électoral actuel, un parti peut gagner beaucoup de sièges avec quelques points de plus, comme il peut en perdre énormément avec quelques-uns de moins…

Aux dernières élections, avec 25 % des suffrages, le PQ a obtenu 30 députés à l’Assemblée nationale. Avec 23 %, seulement deux petits points de moins, la Coalition avenir Québec a fait entrer 22 élus au Salon bleu, soit huit de moins.

Cela pour dire qu’un parti qui passerait de 25 % à 23 % ou, pire encore pour lui, à 20 % des suffrages culbuterait sérieusement en termes de sièges à l’Assemblée nationale.

Un scrutin proportionnel entraînerait sans doute davantage de gouvernements minoritaires. Mais il atténuerait ce genre d’effet multiplicateur.

C’est pour amener le débat ailleurs que sur sa 3e place dans les intentions de vote que le Parti québécois présentera sa plateforme électorale dès la tenue de son prochain Conseil national, dans deux semaines. Le PQ veut et doit tenter de changer le disque de la précampagne.