Lundi, les trois partis d’opposition représentés à l’Assemblée nationale n’ont pas caché leur inquiétude, exhortant le ministre Carmant à se ressaisir et à dire comment il va enfin répondre aux besoins criants des enfants victimes de mauvais traitements ou de négligence.

Listes d’attente de la DPJ: l’opposition accentue la pression sur Carmant

La pression s’accentue sur le ministre Lionel Carmant, pour qu’il adopte sans tarder des mesures concrètes afin de venir en aide aux milliers d’enfants vulnérables inscrits sur les listes d’attente de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ).

Lundi, les trois partis d’opposition représentés à l’Assemblée nationale n’ont pas caché leur inquiétude, exhortant le ministre Carmant à se ressaisir et à dire comment il va enfin répondre aux besoins criants des enfants victimes de mauvais traitements ou de négligence.

L’opposition veut des réponses et veut les obtenir maintenant.

Car la situation est urgente, ont dit en chœur les députées Hélène David, du Parti libéral du Québec (PLQ), Lorraine Richard, du Parti québécois (PQ), et Manon Massé, de Québec solidaire (QS), réagissant au reportage publié la veille par La Presse canadienne, qui révélait que le ministre était au fait de la gravité de la situation dès son entrée en fonction en octobre et que son plan d’action ne comportait aucune échéance ni aucune cible d’embauche de personnel.

«C’est inquiétant de la part d’un ministre. Il ne semble pas être en contrôle de son ministère», déplore la députée de Duplessis, Lorraine Richard, qui demande à M. Carmant de se montrer «à la hauteur (de sa fonction) et très rapidement».

«Il faut «clencher» maintenant», renchérit la coporte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, rappelant le «très grand sentiment d’urgence» exprimé depuis des mois par le milieu et les intervenants de la DPJ.

Elle demande au ministre délégué à la Santé d’être beaucoup plus «proactif» dans ce dossier, qui a pris le devant de la scène politique depuis le décès tragique d’une fillette de Granby, bien connue de la DPJ, fin avril.

«On ne peut pas attendre 18 mois», ajoute Mme Massé, faisant référence au mandat de la nouvelle commission de refonte de la protection de la jeunesse, présidée par Régine Laurent, qui doit remettre ses recommandations dans 18 mois.

«On a besoin de réponses parce que c’est alarmant», résume Mme Massé, déçue de constater l’apparente inaction du ministre.

«Je m’attendrais à beaucoup mieux de mon ministre de la protection de la jeunesse», a-t-elle commenté.

Le ministre Carmant n’a plus le choix, il doit enfin «se commettre» dans ce dossier, a commenté de son côté la députée de Marguerite-Bourgeoys, Hélène David.

«C’est le temps qu’il aille beaucoup plus loin» pour réduire les «délais inacceptables» de traitement des signalements de la DPJ, selon Mme David.

Les trois députées s’entendent pour estimer que l’ajout budgétaire de 18 millions $ dans le réseau, annoncé en mars par le ministre Carmant, était loin d’être suffisant pour répondre aux besoins, notamment en personnel sur le terrain.

«Et ce sera ventilé comment dans chaque région?» demande Lorraine Richard, qui se désole de voir que le ministre n’a toujours pas de plan de match après huit mois au pouvoir, ce qui n’est «pas très rassurant».

Les trois députées réclament donc à très court terme un plan d’action contenant des mesures concrètes, l’ajout substantiel de ressources et un échéancier précis.

Depuis au moins un an, le recrutement et la rétention de la main-d’œuvre sont identifiés comme étant au cœur du problème des listes d’attente, qui s’allongent sans cesse.

Le Québec a dépassé le cap des 100 000 signalements annuels - un bond de 12 % l’an dernier seulement -, laissant des milliers d’enfants vulnérables sur des listes d’attente, et de plus en plus longtemps, faute de personnel pour s’en occuper.