La directrice générale de la Chambre de commerce et d’industries de Trois-Rivières, Marie-Pier Matteau

Lettre ouverte sur le TGF Québec-Montréal: des signatures non autorisées

La directrice générale de la Chambre de commerce et d’industries de Trois-Rivières, Marie-Pier Matteau, a fait connaître son mécontentement, mercredi. Elle appuie les propos contenus dans la lettre ouverte signée entre autres par sa collègue Amélie St-Pierre. Mais elle affirme que son organisation ignorait totalement qu’elle était portée par la Coalition avenir Québec (CAQ) et encore moins qu’un député caquiste la signerait aussi. Si elle l’avait su, il n’y aurait pas eu de signature en provenance de son organisation.

Mme Matteau estime que son organisation, qui est apolitique, a en quelque sorte été utilisée. Elle évoque une forme de manipulation politique.

À la Chambre de commerce et d’industrie de Drummond, Nicolas Martel ne s’attendait pas à ce que la lettre soit également signée par la Coalition avenir Québec.

À la CAQ, on s’étonne de ces sorties. L’imbroglio pourrait selon elle provenir du fait que le député Benoit Charette soit passé par quelqu’un de la Fédération des chambres de commerce du Québec, qui a servi d’intermédiaire pour joindre les chambres de commerce de Trois-Rivières et de Drummondville.

À la Fédération des chambres de commerce du Québec, on nie avoir été impliqué dans cette histoire.

La CAQ a bel et bien été en contact avec un membre du bureau de direction de la Fédération, mais cette personne aurait agi à titre personnel, peut-on comprendre.

Au cabinet du maire de Trois-Rivières, le porte-parole Yvan Toutant est prudent. Le maire Lévesque, qui se trouvait à l’étranger jusqu’à mercredi soir, appuie le contenu de la lettre, dit-il d’abord. Mais lui, M. Toutant, imaginait qu’elle serait signée seulement par le député Benoit Charette.

Le maire de Drummondville, Alexandre Cusson, qui préside également l’Union des municipalités du Québec, affirme lui qu’il savait parfaitement qu’en plus de sa propre signature, celle de son collègue de Trois-Rivières et celles des chambres de commerce figureraient dans la lettre ouverte — avec la signature du caquiste Benoit Charette.

Il estime qu’il n’y a pas d’histoire à faire avec cet imbroglio, puisque toutes les organisations concernées soutiennent le projet de train à grande fréquence et rejettent le monorail.

Cette démarche n’a rien de «partisane», a aussi tenu à dire M. Cusson.

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Le premier ministre Philippe Couillard

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LA BALLE DANS LE CAMP D'OTTAWA

Philippe Couillard privilégie un train à grande fréquence (TGF) entre Québec et Montréal à un monorail. Mais attention : pour autant qu’Ottawa passe effectivement de la parole aux actes en le finançant.

Et, tout aussi important à ses yeux, que le gouvernement fédéral fasse en sorte que le futur matériel roulant de VIA Rail soit aussi moderne entre la capitale et la métropole du Québec que celui qui sera éventuellement utilisé du côté ontarien jusqu’à Windsor. La balle est dans le camp d’Ottawa, affirme-t-il.

«C’est comme enfoncer des portes ouvertes. J’ai déjà dit que j’étais favorable au TGF, mais que je voulais que le fédéral indique clairement ses intentions d’investissement et que le niveau de technologie soit moderne également du côté québécois», a déclaré le premier ministre, quelque peu agacé par les questions qui lui étaient adressées sur le sujet.

Si Ottawa va de l’avant, le monorail dont il a parlé à l’issue d’un congrès du Parti libéral du Québec comme exemple d’un futur moyen de transport rapide entre la capitale et la métropole serait finalement plutôt utilisé un jour pour relier entre elles des villes régionales.

«La technologie du monorail est intéressante. Elle est québécoise en plus. Alors, on devrait tous être contents d’évaluer une technologie québécoise. On va en reparler lorsqu’on parlera de mobilité durable. Il y a probablement d’autres endroits au Québec où l’on peut faire l’expérience de cette technologie-là.»

Le TGF est «un bon projet», a assuré le ministre québécois des Transports, André Fortin. Mais si Ottawa allait jusqu’à financer non pas un simple train à grande fréquence, mais un train à grande vitesse (TGV) du côté ontarien, il devrait aussi le faire du côté québécois, a-t-il dit en étant plus précis que le premier ministre, puisqu’il a évoqué un éventuel TGV.

Lettre ouverte

Le dossier a rebondi dans l’actualité mercredi après la publication dans Le Soleil et Le Nouvelliste d’une lettre ouverte exhortant Philippe Couillard à «clarifier la situation»; à appuyer très officiellement l’implantation du TGF entre Québec et Mont­réal et à dire «que le scénario d’un monorail ne fait officiellement plus partie des priorités».

La lettre envoyée par la Coalition avenir Québec (CAQ) est signée par le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, par celui de Drummondville, Alexandre Cusson, par la présidente générale de la Chambre de commerce et d’industries de Trois-Rivières, Amélie St-Pierre, et par le président de la Chambre de commerce et d’industrie de Drummond, Nicolas Martel. Et également par le député de la CAQ, Benoît Charette.