Plusieurs ex-présidents et militants bloquistes de différentes circonscriptions s’unissent contre Martine Ouellet. Élise Gauthier est entourée de l’ex-président de l’association de la circonscription de Jonquière, Ghislain Girard, et de l’ex-député de Chicoutimi-Le-Fjord, Robert Bouchard. L’ex-candidat bloquiste Sabin Gaudreault était également présent à la sortie publique qui était appuyé par une douzaine d’autres militants de la première heure.

Les ténors bloquistes de la région font front commun contre Ouellet

Les ténors du Bloc québécois au Saguenay-Lac-Saint-Jean se mobilisent contre Martine Ouellet. À quelques jours du référendum, les militants bloquistes de la première heure recommandent aux membres de voter « non » aux deux questions.

Les 1er et 2 juin, les membres devront répondre à une question sur la confiance qu’ils ont en leur chef et une autre concernant la mission du Bloc. C’est-à-dire est-ce que le parti doit parler d’indépendance sur chaque « tribune » et à chaque occasion ? Les députés démissionnaires, selon Mme Ouellet, avaient remis en question cette mission en disant vouloir défendre les intérêts du Québec plutôt que de constamment parler d’indépendance. 

Un référendum « bidon », dénoncent les bloquistes de la région, dont l’ancien député Robert Bouchard et la porte-parole régionale du Bloc québécois, Élise Gauthier. 

« Faire un référendum pour un vote de confiance, c’est une stratégie pour se maintenir en poste. Car ça prend 50 % plus un. On sait très bien que normalement, pour que le chef reste en place, il doit avoir bien plus que 53 %. Il y a des chefs qui ont démissionné avec 76 % », rappelle Robert Bouchard, ex-député de Chicoutimi-Le-Fjord. Si Martine Ouellet obtient 50 % plus un et décide de rester en poste, ce dernier ainsi qu’Élise Gauthier songeront fortement à quitter le parti pour de bon. Même qu’ils pourraient voter pour la première fois pour une autre formation politique.

« Par les temps qui courent, je prends une journée à la fois. Je milite depuis 1991 au Bloc. Et je dois dire que je ne sais pas pour qui voter », a admis Mme Gauthier, porte-parole régionale du Bloc.

« J’ai toujours voté Bloc. Mais cette fois-ci, je ne suis pas capable de confirmer que je vais encore le faire », a laissé tomber Robert Bouchard. 

« Nous croyons toujours à un Bloc québécois fort, mais sans Martine Ouellet », a renchéri l’ex-président de l’association de la circonscription de Jonquière, Ghislain Girard.

Deux clans, un budget

Les deux clans ne se battent pas à armes égales, déplorent les militants du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Martine Ouellet dispose d’un budget pour sa campagne référendaire, alors que le clan du non ne peut obtenir du financement. Selon les informations de Mme Gauthier, la chef aurait dégagé une somme variant entre 12 000 $ et 20 000 $, pour payer notamment des téléphonistes. 

« Ce qu’on fait nous, c’est bénévole. On n’a pas de budget comme eux. Ce n’est pas équitable, alors que lorsqu’il y a un référendum, il y a obligatoirement deux partis, deux camps qui ont les mêmes droits, dont des budgets égaux », pointe Mme Gauthier.

Ex-candidat du Bloc et militant de longue date, Sabin Gaudreault fait aussi partie des bloquistes qui s’opposent à Mme Ouellet. Ce dernier ne mâche d’ailleurs pas ses mots pour décrire la chef. « Elle est opiniâtre. Elle est une personne exigeante. Elle peut l’être pour elle-même, mais est-ce qu’elle doit l’être pour les autres ? C’est une personne intransigeante qui laisse peu de place à la négociation », a constaté M. Gaudreault. 

La sortie publique faite par Élise Gauthier, Robert Bouchard, Ghislain Girard et Sabin Gaudreault a été appuyée par une douzaine d’autres ex-membres des différents exécutifs bloquistes de la région et candidats aux élections. Certains ex-députés n’ont pas signé le communiqué de presse, en raison de leur travail. « Ils doivent dans certains cas conserver un devoir de réserve qu’on respecte », a précisé Mme Gauthier, laissant entendre que Mme Ouellet semblait avoir peu d’appuis au Saguenay-Lac-Saint-Jean.