Selon le président de Recherche Mainstreet au Québec, Luc Fortin, c'est le débat autour de la Loi 21 sur la laïcité du Québec qui a donné un envol à Yves-François Blanchet et au Bloc québécois.

Les sondeurs s’ajustent, la performance du Bloc est l’élément marquant des élections

Le 21 octobre 2019 aura été une bonne soirée « pour l’industrie du sondage en général », se réjouit le président de Recherche Mainstreet au Québec, Luc Fortin.

« L’industrie a souvent été critiquée par le passé pour l’inexactitude de ses résultats, mais je pense qu’hier soir dans l’ensemble, l’industrie a bien performé », se réjouit M. Fortin.

Sa firme de sondage a offert une bonne performance alors que l’élection d’un gouvernement libéral minoritaire était le scénario privilégié par les analystes de Mainstreet. Pour le pourcentage d’appuis à chaque parti, l’écart entre les prédictions finales et le résultat du scrutin se trouve dans la marge d’erreur.

Pour le nombre total de sièges, Mainstreet a prédit exactement le nombre de députés élus pour le Parti libéral du Canada (PLC) et un écart maximal de quatre circonscriptions remportées pour le Parti conservateur (PC), le Nouveau Parti démocratique (NPD) et le Bloc québécois. La défaite du chef du Parti populaire, Maxime Bernier, n’était pas anticipée, mais la victoire de l’indépendante et ex-ministre de la Justice, Jody Wilson-Raybould, l’était.

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« On peut avoir des tendances nationales, mais il y a des nuances dans plusieurs dynamiques locales. Ce sont nos sondages en circonscription qui nous permettent de saisir ces tendances. Ça nous aide à peaufiner nos prédictions. Les sondeurs font beaucoup de travail pour être transparents au niveau de leur méthodologie et pour faire un travail consciencieux. Tout le monde a pris conscience des lacunes qu’il y a pu y avoir dans les élections passées et les correctifs ont été apportés », explique le président de Recherche Mainstreet au Québec.

Le Bloc, un trouble-fête

Les astres se sont alignés pour le Bloc québécois dans cette campagne électorale. Combiné à une bonne performance du chef Yves-François Blanchet, la formation souverainiste a fait mal à un peu tout le monde lundi soir.

Luc Fortin estime que le débat autour de la Loi 21 sur la laïcité du Québec a donné un envol au Bloc. Les premiers ministres d’autres provinces et les maires de grandes villes canadiennes ont critiqué le Québec en début de campagne, tandis que le chef libéral, Justin Trudeau, ouvrait la porte à une participation du fédéral dans une contestation judiciaire.

La question posée par la journaliste Althia Raj sur la loi 21 durant le débat en anglais avait également suscité de vives réactions au Québec.

« Tout ça est venu alimenté et ravivé la fibre nationaliste au Québec. Ça peut expliquer en partie le succès du Bloc québécois, sans négliger la bonne performance d’Yves-François Blanchet », explique M. Fortin.

Le président de Recherche Mainstreet au Québec estime que les bons résultats du Bloc ont fait mal à un peu tout le monde. D’abord aux néo-démocrates qui n’ont pu garder plusieurs de leurs sièges au Québec, mais aussi au PLC qui comptait sur des gains dans les comtés du NPD pour conserver sa majorité. La montée du Bloc a également freiné l’élan du PC dans la Belle province.

Luc Fortin souligne également la performance du chef néo-démocrate, Jagmeet Singh. Malgré qu’il ait perdu plusieurs sièges, il a commencé la campagne en quatrième place derrière le Parti vert. Ailleurs qu’au Québec, « il a sauvé les meubles », estime M. Fortin.