Au cours d’une rencontre avec la presse, vendredi à Montréal, à l’issue d’une réunion du caucus des 10 députés de Québec solidaire, Mme Massé a dit ne pas comprendre M. Legault, d’autant plus qu’il a affirmé tout au long de la campagne électorale que sa priorité était l’éducation.

Les sanctions pour les signes religieux sont «contre-productives», estime QS

MONTRÉAL — La coporte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, soutient que François Legault est prêt à mettre à pied des enseignantes qui portent le hijab, alors qu’on manque d’enseignants dans bien des régions du Québec, particulièrement dans la métropole.

Au cours d’une rencontre avec la presse, vendredi à Montréal, à l’issue d’une réunion du caucus des 10 députés de Québec solidaire, Mme Massé a dit ne pas comprendre M. Legault, d’autant plus qu’il a affirmé tout au long de la campagne électorale que sa priorité était l’éducation.

«Dans un moment où Monsieur Legault nous a annoncé que l’éducation était une priorité, il nous prive de profs. Au moment où il nous a annoncé qu’il allait y avoir des services de garde pour tous les enfants, il nous annonce des mises à pied», s’est exclamée la coporte-parole de QS.

Dans les faits, à l’occasion du caucus des élus de la Coalition avenir Québec plus tôt cette semaine, les porte-parole ont mentionné que le parti comptait aller de l’avant avec son engagement visant à interdire le port de signes religieux ostentatoires aux employés de l’État en situation d’autorité, incluant les enseignants.

Et, une fois l’éventuel projet de loi adopté, si ceux-ci refusent de retirer leurs signes religieux lorsqu’ils sont au travail, ce serait leur décision de ne pas respecter la loi, avait mentionné Geneviève Guilbault, alors porte-parole de la CAQ. Ces employés de l’État devraient alors être relocalisés ou quitter leur emploi, mais ce serait leur choix, avait-elle insisté.

Mme Massé a répété qu’elle ne pensait pas que la CAQ était raciste. «Je ne pense pas que M. Legault est raciste; je ne pense pas que la CAQ est raciste. C’est évident que les propositions qu’ils mettent sur la table font peur, parce que dans le fond, elles divisent, elles excluent, elles pointent du doigt des gens», a-t-elle opiné.

«Je pense que M. Legault doit absolument entendre raison. Les immigrants ne sont pas une menace au Québec. Ce qu’il faut plutôt, c’est de s’assurer que les gens — et ça, je l’ai entendu le dire durant l’élection — que les nouveaux arrivants doivent être bien intégrés. Et une façon de bien les intégrer, c’est de s’assurer qu’ils ont réellement leur place dans notre société», a commenté Mme Massé. L’autre coporte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, a jugé «contre-productif» de s’attarder à cette question, affirmant que «ce n’est pas un vrai problème pour le moment».

Climat et mode de scrutin

QS, a dit Mme Massé, appuie la position de la Commission Bouchard-Taylor, à savoir l’interdiction du port de signes religieux ostentatoires aux employés de l’État qui ont un pouvoir de coercition seulement, comme les juges, les policiers.

Pour ce qui est du menu de QS pour la prochaine session, il sera axé sur la lutte contre les changements climatiques et la réforme du mode de scrutin. Le parti compte bien rappeler à M. Legault qu’il a cosigné une déclaration de trois partis — CAQ, PQ et QS — dans laquelle il s’engageait à réformer le mode de scrutin.

Quant aux changements climatiques, QS veut entendre la CAQ sur les moyens qu’elle prendra pour permettre au Québec d’atteindre ses cibles de réduction des gaz à effet de serre et assurer une bonne transition énergétique.