Le premier ministre canadien Justin Trudeau

Les propos de Trump condamnés par Trudeau et Tusk

Tant le premier ministre Justin Trudeau que le président du Conseil européen Donald Tusk ont condamné les récents propos du président américain Donald Trump sur quatre élues démocrates.

Un groupe de supporters de M. Trump ont scandé «Renvoyez-la! Renvoyez-la!», lors d’un rallye en Caroline du Nord mercredi soir, à l’intention d’Ilhan Omar, une fille de réfugiés somaliens élue au Congrès l’an dernier. Elle est l’une des quatre élues visées par des propos du président américain, qui leur disait de «retourner» dans leur pays d’origine si elles sont insatisfaites des États-Unis.

De passage à Montréal pour le Sommet entre l’Union européenne et le Canada, M. Tusk a envoyé une petite pique aux Américains: «Je me sens vraiment chez moi, ici, pour de nombreuses raisons, mais aussi parce qu’à Montréal, je n’ai entendu personne dire: ‘Renvoyez-le chez lui!’»

Le président du Conseil européen, qui se décrit comme l’un des politiciens les plus «pro-Américains» d’Europe, a dit qu’il ne voulait pas commenter les «politiques internes» des États-Unis. Mais certains propos tenus récemment sont «difficiles à comprendre», a-t-il admis, et il a senti le besoin de dire quelque chose.

«Parfois, quand on sent qu’il y a quelque chose de complètement inacceptable, il faut réagir, malgré les affaires, malgré les intérêts 1/8commerciaux3/8. Pour moi, les valeurs sont beaucoup plus importantes que le libre-échange. Désolé, je suis peut-être vieux jeu», a ajouté M. Tusk, qui termine son mandat au mois de novembre.

Le premier ministre Trudeau n’a pas visé le président Trump directement, mais s’est contenté de dire que les propos de mercredi soir, étaient «blessants et inacceptables». «Je veux que personne au Canada pense que ces propos sont acceptables, parce qu’ils ne le sont pas», a-t-il précisé.

M. Trump a déclaré jeudi qu’il désapprouvait les slogans scandés la veille à son rallye de campagne et qu’il avait tenté d’interrompre ces chants. Dans les faits, il a laissé la foule scander «Renvoyez-la!» et a multiplié les attaques contre Mme Omar.