Le député Michael Cooper a cité une partie du manifeste de l’homme accusé d’avoir tué 51 personnes à Christchurch, en Nouvelle-Zélande, lors d’une réunion du comité de la justice.

Les mots de l’accusé de Christchurch effacés

Un comité parlementaire a effacé des mots prononcés lors d’une de ses réunions par un député conservateur.

L’initiative, prise par un membre libéral du comité, vise la sortie du député Michael Cooper pour laquelle l’élu s’est excusé et qui lui a fait perdre sa place au comité de la justice.

La semaine dernière, M. Cooper, arguant qu’il n’y a pas de lien à faire entre la droite et le terrorisme, a cité une partie du manifeste de l’homme accusé d’avoir tué 51 personnes à Christchurch, en Nouvelle-Zélande.

Mardi matin, une motion du député libéral Randy Boissonnault pour faire disparaître l’épisode du compte-rendu officiel des réunions du comité a été adoptée à 6 contre 0. Les trois membres conservateurs du comité se sont abstenus.

« On a le droit comme parlementaires d’enlever des choses [du compte-rendu officiel] qu’on trouve haineuses », a justifié le député Boissonnault.

Le président du comité de la justice, aussi un élu libéral, souligne que le greffier a trouvé cinq autres exemples où cela avait été fait. « Je trouve que c’est un geste exceptionnel », a cependant convenu Anthony Housefather, intercepté à sa sortie des Communes.

« L’idée, c’est d’avoir un compte-rendu pour savoir ce qui se passe [...] que vous aimiez ça ou non, que ce soit approprié ou non, si ça fait partie du compte-rendu, ça fait partie du compte-rendu », a fait remarquer le député conservateur Rob Nicholson.

« C’est quelque chose ! », a lancé l’élu en roulant des yeux et en soulignant n’avoir jamais vu pareil geste, lui qui siège à Ottawa depuis 2004.

Son collègue Arnold Viersen a été plus incisif. « Les libéraux semblent contents de s’excuser pour des choses qui sont arrivées dans le passé, pour beaucoup de choses, et de réécrire l’histoire », a ironisé le député en route vers un vote à la Chambre.

La leader du Parti vert, qui a l’habitude de défendre les règles parlementaires, est prête à voir les mots disparaître.

« Ce n’est pas une solution idéale, mais je le comprends », a dit Elizabeth May à son arrivée aux Communes mardi après-midi.

« Ce n’est pas réécrire l’histoire, c’est rendre la période de cette session du comité de justice silencieuse », a souligné Mme May. « On ne fait qu’effacer », a-t-elle dit.

Prétexte d’attaques partisanes ?

Les libéraux ne semblent pas vouloir en rester là. Ainsi, dans les prochains jours, ce sera la Chambre des communes au complet qui aura à voter pour ou contre la disparition des mots de M. Cooper.

Estimant que le député conservateur a « dépassé les bornes », M. Boissonnault veut voir les 338 élus voter sur le sujet, sa motion a donc été relayée à la Chambre.

« Je sais que je vais me lever pour rayer ces commentaires du [compte-rendu]. Je sais que mes collègues [libéraux] vont le faire aussi. Mais c’est une discussion que les conservateurs doivent avoir au sein de leur caucus », a-t-il dit.

Mardi en fin de journée, les conservateurs n’ont pas voulu dire ce qu’ils feraient de ce vote à venir.

Celui qui est à l’origine de la tourmente, Michael Cooper, n’a pas retourné l’appel de La Presse canadienne mardi après-midi.

Lundi, M. Boissonnault a réclamé l’expulsion de M. Cooper du caucus conservateur. Le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, a demandé la même chose, mardi.