La ministre fédérale de l’Environnement, Catherine McKenna, a convenu que «cela prendrait du temps» avant de négocier les différents éléments de ce plan d’action national «zéro plastique», dont les détails commenceraient à être finalisés dans les mois à venir.

Les ministres annoncent une stratégie nationale pour la réduction du plastique

HALIFAX — Le gouvernement fédéral et les provinces se sont entendus pour élaborer un plan d’action visant à harmoniser progressivement le recyclage et la réduction des déchets de plastique au pays — quoique les détails de cette stratégie nationale restent à préciser.

La ministre fédérale de l’Environnement, Catherine McKenna, a déclaré jeudi que lors de la réunion avec tous ses homologues à Halifax, on s’était entendu pour fixer des normes et des objectifs cohérents aux entreprises qui produisent du plastique ou qui l’utilisent pour emballer leurs produits.

En vertu de ce plan, les entreprises pourraient être responsables de la gestion et de la collecte de leurs déchets de plastique — ainsi que de la facture pour en disposer.

Lors d’une téléconférence avec les journalistes, jeudi, la ministre a admis qu’une tension persistait autour de la table entre elle et les ministres provinciaux des gouvernements conservateurs sur la question de la «taxe carbone» du fédéral. Mais elle a soutenu que cet irritant n’avait pas empêché les ministres d’avancer dans le dossier des plastiques.

La ministre McKenna a convenu que «cela prendrait du temps» avant de négocier les différents éléments de ce plan d’action national «zéro plastique», dont les détails commenceraient à être finalisés dans les mois à venir.

Le ministre québécois de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Benoit Charette, s’est réjoui de cette initiative nationale. «L’important, pour le Québec, notamment, c’est que la juridiction québécoise soit respectée, a-t-il dit à l’issue de la rencontre de Halifax. On est très à l’aise avec des objectifs ou des orientations pour le pays, mais on souhaitait garder la latitude pour notre propre plan d’action, et c’est une revendication qui était partagée par bien d’autres provinces.»

Lorsqu’on lui fait remarquer que le plan demeure plutôt vague pour l’instant, le ministre Charette signale qu’»on est à la première étape, on l’a appelée la phase un».

Le recyclage n’est pas une panacée

Avant cette rencontre fédérale-provinciale de jeudi, on craignait que le fort degré d’animosité entre Mme McKenna et les premiers ministres conservateurs au sujet de la taxe fédérale sur le carbone ne nuise à toute négociation sur d’autres questions environnementales.

Le Canada ne recycle que neuf pour cent environ du plastique qu’il produit. Selon un rapport récent préparé pour Environnement Canada, les Canadiens ont rejeté 3,3 millions de tonnes de plastique en 2016, soit 12 fois plus que ce qui a été effectivement recyclé. Le nombre d’installations de recyclage au Canada est limité et l’absence de normes pour les emballages en plastique rend difficile le recyclage de nombreux articles. Par exemple, différents colorants ou colles utilisés dans les étiquettes peuvent rendre le recyclage impossible.

Le rapport de Deloitte et de Cheminfo Services a également souligné qu’il est toujours moins coûteux et plus facile de produire et d’utiliser du nouveau plastique que de recycler et d’utiliser ce plastique recyclé. Le rapport recommandait ainsi de définir des normes imposant une quantité déterminée de matériaux recyclés dans les matériaux d’emballage et d’autres produits, afin de créer une nouvelle demande pour stimuler la croissance de l’industrie nationale du recyclage.

Le premier ministre Justin Trudeau a annoncé plus tôt ce mois-ci que le Canada envisageait d’interdire un certain nombre d’articles à usage unique d’ici deux ans, notamment des contenants en polystyrène pour la nourriture à emporter, des pailles et des ustensiles en plastique.