Amanda Simard, députée indépendante de Glengarry-Prescott-Russell aimerait bien se joindre à l’équipe libérale.
Amanda Simard, députée indépendante de Glengarry-Prescott-Russell aimerait bien se joindre à l’équipe libérale.

Les libéraux voudront-ils d’Amanda Simard?

La députée indépendante de Glengarry-Prescott-Russell (GPR) qui a claqué la porte du caucus conservateur en 2018 répète sur toutes les plateformes qu’elle se joindra aux libéraux si la nouvelle chefferie lui convient. Or, est-ce que le parti voudra vraiment l’accueillir à bras ouverts ?

Rien n’indique le contraire, soutient le chef intérimaire du Parti libéral de l’Ontario, John Fraser. « Elle est bienvenue dans notre parti si elle décide de se présenter. »

Le député d’Ottawa-Sud salue le courage de Mme Simard d’avoir démissionné de ses fonctions du Parti progressiste-conservateur.

De son côté, Amanda Simard affirme que pour soumettre sa candidature, il faudra que les valeurs du prochain chef libéral soient parallèles avec les siennes : « fiscalement responsable et socialement progressiste ».

Par ailleurs, le passé de Mme Simard comme conservatrice ne devrait pas trop peser dans la balance si elle décide de joindre les rangs libéraux, note le directeur des communications de l’Association libérale provinciale de Glengarry-Prescott-Russell, Trevor Stewart. « C’est sûr que sa possible candidature est un enjeu qui a été discuté. (...) Bien sûr, elle est conservatrice, mais ce qu’elle fait pour la francophonie, c’est gros et c’est en ligne avec le Parti libéral et ça aide son cas. Par contre, d’autres dossiers importants dans GPR comme l’agriculture, les changements climatiques, les transports, l’éducation, ce sont des gros dossiers, et beaucoup de gens dans GPR veulent des réponses sur ces dossiers. En tant qu’association, on évalue tous ces secteurs. »

Député libéral provincial de Glengarry-Prescott-Russell de 1995 à 2011, Jean-Marc Lalonde n’est pas certain si son statut d’ex-conservatrice jouera ou pas en sa faveur.

« C’est toute une question. Je ne dirais pas que ça va faire une différence. J’ai remarqué, surtout dans le secteur rural, que les gens ne votent pas pour le chef, mais bien pour le candidat. Est-ce qu’Amanda Simard serait une candidate forte ? Ce sera à elle de le démontrer. »

Au moins cinq personnes auraient démontré un certain intérêt à entrer dans la course pour le siège de député provincial libéral dans la région.

Si M. Lalonde a un conseil à donner à Mme Simard et aux autres potentiels candidats, c’est celui-ci : « C’est très, très important d’être présent auprès de sa communauté ».

La députée Simard avait été vivement critiquée par certains maires de Prescott et Russell pour ses absences remarquées durant la crise des inondations, au printemps dernier.

« Il faut qu’elle soit présente. C’est la plainte. Les maires des municipalités, ils se demandent tout le temps où elle est. Tu dois travailler avec tous les maires. C’est en assistant à des rencontres qu’on peut avancer. Un bon politicien doit être à l’écoute du public. Et le gouvernement municipal, c’est celui qui est le plus proche du public. »

Le député Fraser abonde dans le même sens.

« Pour tous les députés, la connexion avec la communauté est très importante. Notre travail est d’aider nos citoyens et d’appuyer les choses importantes pour eux, comme le transport, les soins de santé locaux, les emplois locaux. Et ce sont les conseillers et les maires avec qui il est important de travailler. C’est la clé. »

Mais s’il y a bien quelque chose qu’on ne peut pas reprocher à Mme Simard, c’est son travail constant sur les dossiers concernant la francophonie, souligne M. Lalonde.

« Dans Glengarry-Prescott-Russell, il ne faut pas oublier le français, c’est notre langue première. Et moi, j’ai toujours dit que l’économie et le français vont de pair. »

Ayant été surnommée « héroïne des Franco-Ontariens », aurait-elle de meilleures chances d’être élue que d’autres candidats ?

« On ne pourrait pas dire ça. Ça va dépendre des autres candidats », conclut l’ex-député.