Le premier point à l'ordre du jour de Justin Trudeau était de rencontrer le premier ministre de la Colombie-Britannique, John Horgan, dont la province est touchée par les incendies de forêt.

Les libéraux se réunissent dans le ciel enfumé de la Colombie-Britannique

NANAIMO, C.-B. — Le premier ministre Justin Trudeau et son cabinet récemment remanié se sont rassemblés mardi pour une retraite sur l'île de Vancouver, sous un ciel enfumé au cœur d'un état d'urgence sur les incendies de forêt à l'échelle de la province.

Les ministres doivent discuter de plans pour la session d'automne du Parlement, mercredi et jeudi, y compris des propositions visant à renforcer les mesures visant à protéger les élections canadiennes contre l'ingérence étrangère.

Mais le premier point à l'ordre du jour de M. Trudeau était de rencontrer le premier ministre de la Colombie-Britannique, John Horgan, qui venait de se rendre dans l'une des régions les plus touchées du nord de la province plus tôt dans la journée avec le ministre fédéral de la Défense, Harjit Sajjan.

«Je veux commencer par dire que, évidemment, nos pensées vont à tous les premiers intervenants, aux pompiers et aux résidants qui luttent contre les incendies qui font rage à travers la province», a déclaré M. Trudeau lors d'une brève séance de photos à l'amorce de sa rencontre avec le premier ministre de la Colombie-Britannique.

M. Trudeau prévoit prendre congé de la rencontre du cabinet jeudi matin pour rendre visite personnellement aux pompiers et aux personnes déplacées à Prince George.

«En tant qu'insulaire né et élevé à Vancouver, je me suis creusé la tête en essayant de penser à la dernière fois qu'un cabinet fédéral serait venu organiser une réunion ici et rien ne m'est venu», a dit M. Horgan.

«Donc, c'est un plaisir d'avoir le premier ministre et son équipe ici.»

M. Horgan a également fait l'éloge de la réponse du gouvernement fédéral aux incendies de forêt. En constatant la collaboration entre différents ordres de gouvernement, «je pense que cela rassure le public que les dirigeants fédéraux, provinciaux, municipaux et autochtones se réunissent tous pour parler d'une seule voix du courage de nos premiers intervenants et de la tragédie qui frappe les familles et des gens partout en Colombie-Britannique», a-t-il souligné.

Il a noté que c'est le deuxième été consécutif d'un état d'urgence en Colombie-Britannique, une situation sans précédent qui «témoigne des défis du changement climatique, et des valeurs que nous partageons» avec le gouvernement fédéral.

De nombreux ministères et organismes fédéraux, notamment Environnement Canada et les forces armées, sont impliqués dans les efforts pour aider la Colombie-Britannique. Et M. Trudeau a maintenant créé un comité spécial du cabinet pour veiller à ce que tous les acteurs fédéraux avancent dans la même voie, a indiqué le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale.

M. Trudeau a déclaré que lui et M. Horgan discuteraient également de la façon dont leurs deux gouvernements collaborent dans des projets d'infrastructure, de logement et de protection du saumon, «quelque chose d'emblématique et essentiel à la culture et à l'économie de la Colombie-Britannique».

Ni M. Horgan ni M. Trudeau n'a mentionné le grand enjeu sur lequel leurs gouvernements ne sont pas du tout d'accord - le projet d'agrandissement de l'oléoduc Trans Mountain visant à acheminer le bitume de l'Alberta vers les côtes à Burnaby, en Colombie-Britannique.

Le gouvernement Trudeau a décidé d'acheter l'oléoduc à l'entreprise Kinder Morgan, qui s'est retirée au printemps dernier en invoquant l'incertitude persistante sur le projet étant donné la détermination du gouvernement de la Colombie-Britannique à utiliser tous les moyens possibles pour y faire obstacle.

Dominic LeBlanc, nommé le mois dernier dans le nouveau portefeuille des Affaires intergouvernementales, a affirmé que les deux dirigeants avaient brièvement discuté du projet d'oléoduc lors de leur réunion privée. Mais il a déclaré qu'ils s'étaient attardés aux questions sur lesquelles les deux gouvernements sont en accord.

L'enjeu pourrait encore s'inviter mercredi, quand M. Horgan doit assister à une partie de la retraite du cabinet.

Ottawa veut resserrer les mesures pour contrer l'ingérence étrangère

La ministre des Institutions démocratiques, Karina Gould, a quant à elle affirmé que le cabinet examinera les propositions visant à renforcer le projet de loi omnibus C-76 régissant les règles électorales, qui a été présenté au printemps dernier. En particulier, elle a déclaré que le gouvernement voulait s'assurer que des fonds étrangers n'influencent pas le vote des Canadiens.

«Nous devons nous pencher très attentivement sur C-76», a affirmé Mme Gould en entrevue.

«Nous réfléchissons certainement pour déterminer si C-76 est suffisamment solide pour s'attaquer aux problèmes auxquels nous sommes confrontés. Je dirais qu'il l'est à plusieurs égards, mais il y a certaines choses qui ont été soulignées, ce que nous examinons», a-t-elle ajouté.

Au cours de la retraite, les ministres doivent entendre un certain nombre d'experts sur les cybermenaces qui pèsent sur les élections.

En prévision de la rencontre, le député conservateur Ed Fast a publié une déclaration accusant le cabinet Trudeau d'ignorer les problèmes les plus pressants auxquels le pays est confronté, en s'attardant aux manières de «manipuler encore plus les règles pour qu'elles bénéficient au Parti libéral du Canada lors des prochaines élections».

Mme Gould a souligné que les conservateurs eux-mêmes avaient critiqué le projet de loi C-76 pour des mesures jugées insuffisantes pour empêcher l'utilisation de fonds provenant de l'étranger lors des élections.

«En réponse directe à certaines des choses dont les conservateurs ont parlé en ce qui concerne le financement étranger lors des élections, nous examinons cela de plus près pour voir s'il existe effectivement des échappatoires et ce que nous pourrions faire pour les colmater», a-t-elle fait valoir.

Mme Gould a rejeté l'argument de M. Fast selon lequel les libéraux tentent de truquer les règles en leur faveur pour le scrutin de l'année prochaine.

«Je pense que tout ce que vous pouvez dire est que la protection de notre démocratie est une question non partisane et que nous devrions tous nous efforcer de faire ce que nous pouvons pour assurer l'intégrité du processus et l'intégrité des résultats», a déclaré la ministre libérale.