Les libéraux ont fait élire 32 députés le 1er octobre, mais seulement 29 font désormais partie du caucus.

Les libéraux promettent de se battre

Ayant subi «des coups durs» ces dernières semaines, les libéraux se sont présentés comme une équipe prête à se relever et à se battre lundi, lors de leur cérémonie d’assermentation.

«Nous allons revenir plus forts!» a promis le chef intérimaire Pierre Arcand. Son parti ayant encaissé la plus grosse défaite de son histoire récente le 1er octobre, M. Arcand a tenté de tempérer en soulignant que «ce n’est pas le premier coup dur que nous subissons» et que «nous n’avons pas dit notre dernier mot».

Selon lui, «les autres partis n’ont qu’à bien se tenir» lors des joutes parlementaires à venir, car les libéraux ne se laisseront pas intimider. Surtout qu’ils ont maintenant Enrico Ciccone, un ex-hockeyeur du Canadien de Montréal, dans leur équipe, a glissé M. Arcand sur le ton de la blague, avant d’ajouter que Gaétan Barrette et Saul Polo «aussi sont pas pire». 


« Ce n’est pas le premier coup dur que nous subissons. […] Nous n’avons pas dit notre dernier mot »
Le chef intérimaire du Parti libéral du Québec, Pierre Arcand

Plus sérieusement, M. Arcand a souligné que le caucus libéral compte 25 % de députés n’ayant jamais siégé à l’Assemblée nationale et plus de 50 % de femmes. Le caucus libéral est majoritairement féminin pour la première fois de son histoire. 

Les libéraux ont fait élire 32 députés le 1er octobre, mais seulement 29 font désormais partie du caucus. Un recomptage judiciaire a fait en sorte qu’Alexandre Boulay a été évincé de la circonscription de Gaspé au profit du Parti québécois (PQ), tandis que Guy Ouellette a été exclu du caucus libéral la semaine dernière, en raison d’un bris de confiance avec ses collègues. M. Ouellette sera assermenté comme député indépendant, à une date qui n’a pas encore été précisée. 

Un siège remporté par les libéraux restera vacant pour l’instant : celui de l’ex-premier ministre Philippe Couillard, qui a démissionné de ses fonctions de député de Roberval la semaine dernière. 

Deux serments à prononcer

Toute la semaine, le Salon rouge sera le théâtre de l’assermentation des 124 députés de l’Assemblée nationale. Chaque parti politique a choisi une journée distincte pour inviter famille et amis des élus à assister à cette cérémonie protocolaire, qui confirme le droit des nouveaux députés de siéger et d’adopter des lois. Les élus doivent prêter deux serments d’allégeance : l’un à la reine, qui a été conservé depuis la création du Canada en 1867, et l’autre au peuple du Québec. Ils se lisent comme suit : «Je déclare solennellement que je serai fidèle et porterai vraie allégeance à Sa Majesté la reine Élisabeth II. Je déclare sous serment que je serai loyal envers le peuple du Québec et que j’exercerai mes fonctions de député avec honnêteté et justice, dans le respect de la constitution du Québec.» Depuis 1999, les députés ne jurent plus sur la bible. 

Mardi, ce sera au tour des 74 députés de la Coalition avenir Québec d’être assermentés. Le Salon rouge accueillera les 10 élus de Québec solidaire mercredi, qui devraient utiliser un message de leur cru. Ils font précéder le serment d’allégeance à la reine de la note suivante : «En attendant l’émergence d’une république libre, forgée en partenariat avec les peuples autochtones du Québec...»

Jeudi, le conseil des ministres du premier ministre François Legault sera assermenté, tandis que vendredi, ce sera au tour des 10 députés du Parti québécois. Tout comme Québec solidaire, le PQ fait retirer le drapeau canadien de la salle où se déroule la cérémonie, soit le Salon rouge de l’Assemblée nationale. Seul le fleurdelisé y trône.  Avec Jean-Marc Salvet