Le magazine Time a récemment dévoilé une photo qui, selon le média, a été publiée dans l’album de la West Point Grey Academy, une école privée de Vancouver, où Justin Trudeau a travaillé comme enseignant avant de se lancer en politique.

Les images de Trudeau maquillé pourraient servir à désinformer avant le vote

OTTAWA — Une nouvelle étude américaine prévient les Canadiens que les photos et la vidéo de Justin Trudeau le visage couvert de maquillage noir ou brun risquent d'être exploitées par des gens qui cherchent à semer la confusion, la division et la haine avant le vote du 21 octobre.

Des chercheurs du centre Shorenstein de la Harvard Kennedy School ont déclaré qu'ils voyaient déjà de fausses images liées à la controverse circuler en ligne et être partagées parmi des individus ayant déjà amplifié la désinformation dans le passé.

Les chercheurs soulignent qu'il existe un risque réel pour les élections canadiennes. Certaines personnes, incapables de discerner le vrai du faux, pourraient tout simplement se désengager complètement de la politique, redoutent-ils.

«Le résultat est que l'on retrouvera beaucoup moins de voix et que l'on aura des élections et des démocraties moins dynamiques et saines», conclut le projet de recherche sur la technologie et le changement social.

AbonnezvousBarometre

Un certain nombre d'aspects de la controverse ayant entouré M. Trudeau la rendent sujette à la désinformation et à ses effets, explique Jon Penney, l'un des principaux chercheurs du projet.

L'incapacité de M. Trudeau de dire avec certitude s'il existe d'autres photos ou images du même type ouvre grande la porte aux créateurs de canulars, qui vont tout simplement créer les leurs. Le fait que l'une des images confirmées provienne d'une vieille vidéo incite certaines personnes à examiner d'anciens fichiers de même nature dans l'espoir de gêner des candidats ou de semer la confusion. Le fait que des théories du complot circulent également sur la manière dont les vraies images ont été rendues publiques est un autre facteur.

Pendant ce temps, des images modifiées apparaissent déjà sous la forme de fausses publicités ou de mèmes qui ne font que recycler des stéréotypes raciaux grossiers. Cela crée un environnement qui risque de rejeter les voix des minorités cherchant à dénoncer le racisme. Et au même moment, d'autres fausses nouvelles présentées comme étant de l'humour satirique sont perçues comme étant véridiques par certains, ajoute M. Penney.

Globalement, tout cela s'additionne, constate-t-il.

«Les conditions de ce genre sont souvent exploitées par des gens ayant de mauvaises intentions, généralement lorsqu'on se rapproche davantage du jour des élections.»

La recherche américaine a été financée par un projet canadien qui étudie l'utilisation et l'impact des médias sociaux dans la campagne électorale fédérale de 2019.

Elle est publiée jeudi en lien avec les plus récents résultats d'une étude canadienne similaire en cours, qui examine comment le point de vue des électeurs est façonné par les informations qu'ils consomment à l'approche du jour du scrutin.