Mitzie Hunter déplore que les 622 000 Franco-Ontariens ne soient pas en mesure d’obtenir « tous les services dont ils ont besoin » et entend changer les choses.
Mitzie Hunter déplore que les 622 000 Franco-Ontariens ne soient pas en mesure d’obtenir « tous les services dont ils ont besoin » et entend changer les choses.

Les francophones méritent mieux, dit Mitzie Hunter

Pour la candidate à la chefferie du Parti libéral de l’Ontario (PLO), Mitzie Hunter, dont la plateforme comprend quelques axes dédiés à la communauté franco-ontarienne, non seulement les droits des francophones ont été « bafoués » sous le règne du gouvernement Ford, mais ils ont « à certains égards » été diminués.

« Même s’il essaie de faire marche arrière, je ne crois pas que ces droits-là ont été restaurés. Le commissaire (des services en français) n’est pas indépendant et pour l’Université de l’Ontario français (UOF), il a reculé parce que le fédéral a accepté de jouer un rôle dans le projet. [...] On a reculé en raison des pressions de la communauté et pas nécessairement parce que c’était une priorité. Je ne pense pas que c’est le genre de leadership qu’on doit avoir avec la communauté franco-ontarienne », affirme l’ex-ministre sous le gouvernement Wynne.

De passage dans les bureaux du Droit à Ottawa, la députée de Scarborough-Guildwood, en banlieue de Toronto, s’est décrite comme « une championne pour les droits des francophones ».

Parmi ses engagements, l’aspirante chef libérale de 48 ans souhaite donner le feu vert à une refonte de la Loi sur les services en français au cours d’un premier mandat et alléger le processus menant à l’obtention d’un statut bilingue pour les municipalités de la province.

« J’aimerais qu’il y ait moins de bureaucratie dans le processus », de dire Mme Hunter, ajoutant souhaiter qu’une ville comme Ottawa puisse devenir officiellement bilingue.

Depuis décembre 2017, en vertu du projet de loi 177 adopté par le précédent gouvernement, le caractère bilingue de la capitale est reconnu. Or, cette législation vise uniquement à protéger les services offerts en français.

Privilégiant une « approche globale », la candidate à la course au leadership déplore que les 622 000 Franco-Ontariens ne soient pas en mesure d’obtenir « tous les services dont ils ont besoin » et entend changer les choses.

« Des compressions comme celles annoncées le 15 novembre 2018, ça ne doit plus arriver. Les francophones ne l’oublieront pas (le Jeudi noir) », lance-t-elle, ajoutant que la population a perdu confiance envers Doug Ford et que même sans chef à sa tête, le Parti libéral domine dans les intentions de vote.

Rétablir l’indépendance du Commissariat aux services en français, hausser le financement pour les arts et la culture francophones, améliorer l’accès aux programmes d’études postsecondaires dans la langue de Molière et instaurer le bilinguisme dans les espaces publics tels les parcs provinciaux sont au nombre des mesures que propose Mitzie Hunter. Dans le dossier de l’UOF, elle se réjouit de voir que le projet deviendra réalité, mais estime que son financement aurait dû être assumé entièrement par le gouvernement provincial.

Quant à l’inclusion de l’identité linguistique sur la carte Santé, pour laquelle milite entre autres l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario, la candidate qualifie l’initiative de « bonne idée ». « On peut faire en sorte que les processus soient plus flexibles, que tout le monde puisse communiquer dans la langue de son choix », note-t-elle.

Au sujet de l’indépendance de Kelly Burke, nouvelle commissaire aux services en français nommée à la mi-janvier, Mme Hunter tient à apporter un bémol.

« Je sais que c’est quelqu’un qui fera de son mieux, mais le fait est qu’elle est sous l’autorité de l’ombudsman (Paul Dubé). [...] L’ombudsman actuel coopère bien, mais qu’arrivera-t-il s’il y a un changement ? Quelles sont les garanties ? C’est incertain, on ne le sait pas », lance celle qui siège à Queen’s Park depuis 2013.

Mme Hunter, qui a suivi un programme d’immersion en français l’automne dernier à Saguenay, affirme faire « beaucoup d’efforts » pour apprendre la langue de Molière.

« J’ai simplement besoin de pratiquer davantage, de continuer à suivre des cours et à utiliser le vocabulaire que je connais », dit l’élue.

Outre Mme Hunter, cinq candidats sont sur les rangs pour succéder à Kathleen Wynne, soit le député Michael Coteau, l’ex-ministre et député défait en 2018 Steven Del Duca, une politologue et candidate aux dernières élections, Kate Graham, l’ancien ministre délégué à l’éducation, Alvin Tejdo, ainsi que l’avocate d’Ottawa Brenda Hollingsworth.

La course à la chefferie du Parti libéral de l’Ontario connaîtra son dénouement le 7 mars.