Le mécontentement envers le gouvernement conservateur a mené à la campagne « anti-Harper » de l’AFPC avant l’élection fédérale de 2015.

Les fonctionnaires étaient-il si insatisfaits sous Harper ?

Sous le règne de Stephen Harper, les fonctionnaires fédéraux n’étaient pas aussi malheureux que ce qui a été dépeint durant la campagne électorale de 2015. C’est du moins ce que soutient une étude publiée le 17 décembre dernier dans une revue spécialisée en ressources humaines et en administration publique.

« Certaines des prétentions d’une insatisfaction considérable des travailleurs sont non fondées », observe la chercheure Jocelyn McGrandle, dans son article paru dans la plus récente publication de Public Personnel Management.

Son étude dévoile que sur une échelle de 0 à 5, le bien-être des travailleurs est passé de 4,14 en 2008, à 4,05 en 2014. « Une grande partie du manque de satisfaction semble être principalement une rhétorique politique, bien qu’il y ait eu une légère diminution pendant le mandat de Harper », écrit l’auteure, candidate au doctorat à l’Université Concordia.

Le mécontentement a mené à la campagne « anti-Harper » de l’Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC) avant l’élection fédérale de 2015. Des publicités avec des thèmes aussi provocants que « Les conservateurs de Stephen Harper saignent nos services publics, votez pour stopper l’hémorragie », ou une vidéo intitulée « Le Canada saigne », ont fait leur apparition.

« Même si les publicités ne préconisaient pas le vote pour un parti ou un candidat en particulier, elles étaient clairement opposées à Stephen Harper et au Parti conservateur », souligne Mme McGrandle.

En marge de ces messages de l’AFPC, Justin Trudeau avait à son tour publié une lettre ouverte promettant de « restaurer la confiance » des fonctionnaires, s’il était élu.

Étude représentative ?

L’ex-présidente de l’AFPC, Nycole Turmel, qui a été députée néo-démocrate de Hull-Aylmer de 2011 à 2015, croit que la situation était bien pire que laissent penser les conclusions de l’étude. « Sous Harper, il s’est créé un climat de peur. La peur de parler aux journalistes ou de répondre à des sondages de recherches. Je ne crois pas que le taux de satisfaction de cette étude est la réalité. »

Nycole Turmel se dit convaincue que les problèmes liés au système de paie Phénix font partie des causes du moral à plat des travailleurs fédéraux. Une situation à laquelle le gouvernement Trudeau n’a pas su remédier. « Stephen Harper a été le pire avec le manque de reconnaissance des travailleurs fédéraux, bien qu’avec le problème Phénix, ça continue. »

Ce qui rend les travailleurs heureux

L’objectif de l’étude était aussi de déterminer les facteurs qui rendent le travail « plus positif » pour les employés fédéraux. Jocelyn McGrandle a découvert que le principal indice de satisfaction au travail est le rapport que les répondants cultivent entre leurs intérêts personnels et leur emploi.

Le deuxième facteur le plus important est la qualité de la relation du travailleur avec son supérieur, suivi par celle qu’il entretient avec ses collègues, et enfin, si l’emploi concorde avec ses aptitudes.