Guylaine Leclerc, vérificatrice générale

Les députés épinglent le bureau du Vérificateur général

Ironie du sort, les députés de l’Assemblée nationale ont épinglé la Vérificatrice générale (VG) du Québec tout juste avant que celle-ci ne dévoile son rapport du printemps 2018.

Les membres de la Commission de l’administration publique de l’Assemblée nationale ont «déposé» au Salon bleu leur «rapport sur l’imputabilité» des institutions liées à l’appareil gouvernemental.

Dans ce document, ils pressent le bureau du Vérificateur général d’élaborer «une nouvelle stratégie de gestion de ses ressources humaines». Ils l’invitent à «réfléchir», entre autres, «à la description des attributions de ses employés et à l’environnement de travail» à l’interne.

Et à transmettre cette stratégie et les fruits de sa réflexion aux membres de la prochaine Commission de l’administration publique, qui sera formée après les élections du 1er octobre.

Le Soleil avait fait état en février des difficultés du bureau du Vérificateur à retenir certains de ses employés. En 2016-2017, il a enregistré 30 départs, dont seulement trois pour cause de retraite. Les autres employés et cadres partis ont démissionné pour aller travailler ailleurs. 

Au cours des neuf premiers mois de l’année 2017-2018, le bureau du Vérificateur général a cette fois connu pas moins de 43 départs, dont seulement cinq pour la retraite.

En février, 237 personnes travaillaient au bureau du Vérificateur général du Québec.

Dans leur rapport, les membres de la Commission demandent aussi que l’Assemblée nationale «prenne acte de leurs vives inquiétudes concernant les problèmes de rétention du personnel du Vérificateur général du Québec». Et qu’elle accorde en conséquence «toute l’attention nécessaire aux éventuelles demandes de cette organisation en matière d’ajustement des conditions de travail de son effectif».

Une foule de recommandations

Dans son rapport, la Commission de l’administration publique établit toute une série de recommandations dans une foule de domaines liés à l’État.

Elle recommande par exemple à la Régie de l’assurance maladie du Québec d’«envisager» d’inclure dans sa déclaration de service aux citoyens une obligation de répondre dans des «délais raisonnables» aux personnes assurées, notamment en ce qui a trait aux demandes de remboursement d’un service rendu sans carte d’assurance maladie.

Elle souhaite aussi que la Régie évalue «la possibilité d’indiquer les coûts associés aux soins et aux services rendus sur le Carnet santé Québec».

Les membres de la Commission réclament que le ministère de la Santé et des Services sociaux et celui des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire «examinent les moyens de soutenir les locataires de résidences privées pour aînés» lors d’un litige lié à leur bail.

Au ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion, ces députés demandent la rédaction d’«un plan d’effectifs répondant aux besoins actuels et futurs liés à l’intégration des immigrants». Ce plan devrait faire état «du déploiement des services du ministère en région et de l’ouverture de pôles et d’antennes de services».

Les membres de la Commission veulent par ailleurs que le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs tienne compte des changements climatiques dans ses plans d’aménagement forestier.

La Commission de l’administration publique de l’Assemblée nationale réunit des élus de tous les groupes parlementaires.