Louis Plamondon

Les députés dissidents réintègrent le Bloc

TROIS-RIVIÈRES — La crise qui a secoué le Bloc québécois au cours des derniers mois est chose du passé. Mais le retour au bercail de Louis Plamondon et des quatre autres députés dissidents ne marque pas la fin des défis du parti qui doit se réorganiser à environ un an de la prochaine élection fédérale.

Le député de Bécancour-Nicolet-Saurel avait quitté le Bloc québécois en février en compagnie de Monique Pauzé, Gabriel Ste-Marie, Luc Thériault, Rhéal Fortin, Simon Marcil et Michel Boudrias. Les divergences avec la chef Martine Ouellet étaient à la base de ce départ fracassant de sept des 10 députés bloquistes.

MM. Marcil et Boudrias sont revenus au Bloc québécois en juin après la démission de Martine Ouellet. Le retour des cinq derniers dissidents est devenu possible après l’ouverture manifestée il y a un mois par les militants durant un conseil général, sur fond d’une refonte de la formation politique. La réconciliation a été scellée dimanche et annoncée lundi à Ottawa.

«Il y a eu beaucoup de changements à la direction et au bureau national du parti. Et de notre part, nous avons rencontré les gens. J’ai fait plus de 100 activités cet été dans mon comté et les gens étaient inquiets. S’il y a deux partis indépendantistes, c’est impossible de gagner. On sentait que les gens souhaitaient une réunion. Sachant l’inquiétude de nos gens et avec le changement qui se passait, ça facilitait le dialogue. C’est avant tout une question d’ouverture d’esprit», commente Louis Plamondon.

Le dialogue a rapidement fait place à des discussions plus intenses au cours des trois dernières semaines, notamment en ce qui a trait au leader de la formation politique et au président du caucus.

«C’est le point final de la crise. On aurait espéré que ce soit moins long. Mais on a réglé des choses graduellement et le 18 août, les militants ont choisi d’ouvrir la porte. Avec le départ de Mme Ouellet, on a mis les conditions favorables et on a pris le temps de se parler. C’est une très grande satisfaction. Je suis très content de faire une sortie de presse positive!», explique Yves Perron, président du Bloc québécois depuis un mois.

Cet ex-candidat dans Berthier-Maskinongé est sorti sur la place publique à maintes reprises durant l’hiver et le printemps à titre de président de l’association bloquiste de cette circonscription. Il réclamait la démission de Martine Ouellet, une obligation, soutenait-il, pour stopper l’hémorragie.

Yves Perron

Son arrivée à la présidence du parti est loin d’être étrangère au succès de la réconciliation, avance Louis Plamondon.

«Le nouveau président a fait un travail remarquable dans cette transformation et dans ce nécessaire dialogue pour finaliser nos dernières rencontres. L’urgence nous pousse à avoir de l’ouverture», raconte le député Plamondon, saluant également la contribution de Mario Beaulieu dans ce dossier.

L’urgence à laquelle fait référence Louis Plamondon est le calendrier électoral.

«L’élection est dans un an et la situation financière du Bloc québécois est difficile. Il faut donner un coup de barre. S’organiser, trouver des candidats en un an, c’est court. Il fallait aboutir et revenir à la base du Bloc québécois, soit de défendre les intérêts du Québec tout en étant un parti souverainiste à Ottawa», dit M. Plamondon, qui sera de la course électorale en 2019.

Yves Perron sera lui aussi candidat, dans Berthier-Maskinongé. Le président du parti sait que les membres de la formation politique devront se retrousser les manches afin de faire un succès de la campagne de financement qui devra permettre d’amasser plusieurs centaines de milliers de dollars. Le retour des députés dissidents vient toutefois dynamiser les troupes, selon lui.

«Pour le financement, on vise le maximum d’ici Noël, car on veut faire une campagne électorale digne de ce nom en 2019.»

Le retour de Louis Plamondon lui permet de miser sur son équipe de l’association locale qui était demeurée fidèle au Bloc québécois après son départ et la fondation de Québec debout. M. Plamondon soutient qu’il avait demandé aux membres de l’association de rester en poste, question de se donner du temps pour voir l’évolution possible des choses et d’œuvrer à la modernisation du parti.

Le Bloc québécois compte 15 000 membres en règle. Selon M. Plamondon, la formation politique en regroupe habituellement 25 000.