Le ministre Mathieu Lacombe était accompagné du maire de Gatineau Maxime Pedneaud-Jobin et la présidente de la Conférence des préfets de l’Outaouais, Chantal Lamarche.

Les défis de l'Outaouais, un «enjeu national»

Il est temps que le gouvernement du Québec «reconnaisse que les défis uniques» de l’Outaouais «constituent un enjeu national», réclament la Ville de Gatineau, la Conférence des préfets de l’Outaouais et le Front régional Outaouais, qui proposent diverses «pistes d’actions» pour améliorer la situation en santé, en éducation et pour le développement économique.

Les partenaires du Front régional Outaouais ont rendu public, jeudi, un document visant à faire bouger le gouvernement provincial.

Le «Dossier Outaouais 2019», qui compte une vingtaine de pages, vise à ce que l’Outaouais devienne «une région stratégique pour le Québec».

«Parfois parce que le gouvernement du Québec refusait d’agir, souvent parce que les élites régionales n’en voyaient pas la nécessité, l’Outaouais a pris un retard significatif dans son développement par rapport au reste du Québec», lit-on dans le document.

Les pistes de solutions qui y sont évoquées ne sortent pas des sentiers battus pour les initiés des luttes menées depuis des années afin d’accélérer le développement de l’Outaouais et d’y accroître les services offerts en santé et en éducation.

À LIRE AUSSI: Revendications du Front régional Outaouais: «On ne lâchera jamais», dit Pedneaud-Jobin

>> Diversification de l'économie de l'Outaouais: la Chambre de commerce veut «des actions directes»

Fondé en 2015, le Front régional Outaouais propose entre autres de «convenir d’un plan de rapatriement» des soins de santé consommés en Ontario, «avec un échéancier précis». Des mesures pour le recrutement et la rétention de médecins et de personnel sont également réclamées.

Au chapitre de l’éducation postsecondaire, le «Dossier Outaouais 2019» note qu’un «retard historique condamne» la région «à être incapable de répondre adéquatement à la demande».


« On est conscients, à Québec, de cet enjeu de sous-financement de la région de l'Outaouais dans plusieurs domaines qui sont très importants, pour ne pas dire primordiaux. »
Le ministre responsable de l'Outaouais, Mathieu Lacombe

«Six mille cinq cents cerveaux [qui étudient] de l’autre côté de la rivière, ce n’est pas vrai que ça touche juste l’Outaouais, a plaidé le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin. C’est tout le Québec qui perd.»

Les auteurs du document estiment qu’il y a lieu d’«établir un plan de réalisation et un échéancier pour les projets liés au développement des programmes et des infrastructures déjà acceptés et en attente» à Québec, tant au niveau collégial qu’au niveau universitaire.

La région étant depuis des décennies «dépendante» de la fonction publique fédérale, le document suggère de «doter l’Outaouais d’une stratégie et d’un plan d’action pour diversifier l’économie» et de «créer un fonds de diversification économique».

Le secteur agroalimentaire, l’industrie de la foresterie, la culture, le tourisme, l’entrepreneuriat, l’exportation, l’économie sociale et le transport devraient également recevoir une attention particulière en Outaouais pour en assurer le développement, est-il mentionné.

La conclusion de ce rapport souligne que les différents partenaires ont choisi «d’interpeller le nouveau gouvernement […] pour corriger les écarts de financement historiques» qui forcent les citoyens à se tourner vers la rive ontarienne pour de nombreux services.

«Cette situation unique au Québec prive la région de sommes importantes qui sont dépensées en Ontario et qui autrement pourraient permettre de servir la population locale et assurer le développement économique de la région et de tout le Québec», souligne le Dossier Outaouais 2019.

Les auteurs recommandent ainsi au gouvernement de reconnaître la situation particulière de l’Outaouais comme «un enjeu national», d’établir «un plan d’action visant à favoriser le développement de la région» et de mettre en place «un mécanisme permanent de suivi, d’évaluation et de mise à jour» de ce plan d’action.