L'AFO affirme que ce sera aux électeurs de juger de la validité des réponses fournies par les partis politiques.

Les chefs de parti répondent à l'AFO

Pour la première fois de l’histoire, les trois chefs des principaux partis politiques provinciaux se sont prêtés à l’exercice de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) en répondant au formulaire les questionnant sur plusieurs enjeux francophones.

De l’Université de l’Ontario français à l’immigration francophone en passant par la refonte de la Loi sur les services en français et l’amélioration des services gouvernementaux, de nombreux thèmes étaient abordés dans le document acheminé aux chefs Doug Ford, Andrea Horwath et Kathleen Wynne en amorce de campagne électorale.

Si les réponses des leaders, publiées intégralement sur le site web de l’organisme, sont détaillées dans plusieurs cas, elles sont parfois laconiques dans d’autres. À ce sujet, l’AFO refuse cependant de pointer du doigt un parti ou un autre, se décrivant comme neutre.

«C’est déjà de bonne augure que tous les partis aient accédé à nos demandes. L’idée derrière tout cela était de connaître la position de chacun d’entre eux sur les différents enjeux s’ils prennent le pouvoir. Mais ce n’est pas notre rôle d’évaluer chacune des réponses que l’on reçoit. Nous sommes non partisans. Après ça, les gens sont capables de lire et juger eux-même de la validité des réponses. On les incite à aller les lire. [...] Nous, on parle à tout le monde. Peu importe qui sera élu, qu’il s’agisse d’un gouvernement majoritaire ou minoritaire, on devra travailler avec lui», affirme le président Carol Jolin.

À titre d’exemple, à la question «Si votre parti politique est appelé à former le gouvernement, vous engagez-vous à ce que la modernisation de la Loi sur les services en français (LSF) se retrouve dans la lettre de mandat du prochain ou de la prochaine ministre aux Affaires francophones?», le Parti progressiste-conservateur a simplement répondu «Oui».

De son côté, le Nouveau Parti Démocratique (NPD) a répondu à ce sujet que «la première priorité du Ministère des Affaires francophones sera de lancer une large consultation pour moderniser la Loi et pour s’assurer que les Franco-Ontariens ont accès à des services gouvernementaux en français indépendamment de leur lieu de résidence», alors que dans le camp du Parti libéral, on s’engage à «ouvrir le chantier de modernisation» dans les 100 premiers jours au pouvoir. Le parti vante également son bilan des dernières années, faisant allusion à la création du ministère des Affaires francophones à part entière à l’été 2017 et la loi reconnaissant le caractère bilingue de la Ville d’Ottawa.

À la question à savoir s’ils sont favorabls à l’idée que la province devienne officiellement bilingue, les chefs de partis ne se sont pas clairement prononcés. En guise de réponse, autant les libéraux que les progressistes-conservateurs se contentent de faire allusion à leur volonté de moderniser la LSF. Seul le NPD a une position moins nuancée, indiquant qu’il s’engage à identifier les mesures auxquelles il faudrait recourirpour que l’Ontario devienne, officiellement, une province bilingue, en commençant par un examen critique approfondi de la LSF.»

On compte environ 622 000 Franco-Ontariens, selon les plus récentes données de Statistique Canada. De plus, environ 1,5 million de personnes peuvent s’exprimer dans la langue de Molière en sol ontarien.