Les candidats aux prochaines élections provinciales Nathalie Des Rosiers, Lyra Evans, Keegan Bennett et David McGruer ont participé à un débat devant les élèves du Collège Samuel-Genest.

Les candidats parlent des enjeux jeunesse

Près de 500 élèves de la 10e à la 12e année ont eu la chance d’entendre des candidats aux élections provinciales débattre en français sur les enjeux qui les touchent, soit l’éducation, la francophonie, les jeunes, l’environnement et les enjeux locaux.

Le Collège catholique Samuel-Genest a invité les candidats de la circonscription d’Ottawa-Vanier à venir parler devant les élèves, mardi. Nathalie Des Rosiers (Parti libéral), Lyra Evans (Nouveau Parti démocratique), Keegan Bennett (Aucune de ces Réponses Démocratie Directe Parti) et David McGruer (Parti de la liberté) se sont prêtés à l’exercice. Le progressiste-conservateur, Fadi Nemr, et le candidat vert, Sheilagh McLean, ont décliné l’invitation tandis que Ken Lewis, du Parti libertarien, était présent dans la salle, mais n’a pas pris part au débat puisque son interprète ne pouvait pas être présent. Bien que la majorité des gens dans l’audience ne soit pas en âge de voter, ils étaient plusieurs curieux à écouter attentivement les candidats répondre aux questions qui ont été rédigées selon les intérêts des jeunes.

« Mon choix était déjà fait, mais le débat d’aujourd’hui a réaffirmé mon choix, soutient Ed Leurebourd élève de 12e année qui votera pour la première fois le 7 juin. J’aime beaucoup la politique et j’ai eu la chance de voir et entendre les différents points de vue. »

Au terme de l’exercice, les élèves seront invités à participer à la simulation de vote le 5 juin.

« Parmi les élèves de la 12e année, il y en a certains qui sont en âge de voter. Ce qu’on veut c’est stimuler une conversation. Si on a une conversation autour de la table ce soir entre les élèves de 16 ans, qui n’ont pas encore le droit de vote, et leurs parents, qui eux l’ont, ça peut juste stimuler la démocratie », estime Jean-François Bertrand, enseignant de sciences sociales.

Droit de vote et francophonie
Questionnés à savoir si le droit de vote devrait passer de 18 à 16 ans, les candidats y sont allés de différentes opinions.

Mme Evans soutient que le droit de vote au caucus du NPD est établi à 13 ans. Elle ne voit pas de problème à baisser l’âge. Elle en profiterait même pour étendre le droit de vote aux gens sans adresse et marginalisés. « Lorsque j’étais une sans-abri, je ne pouvais pas voter parce que je n’avais pas d’adresse », a-t-elle confié par le biais de son interprète francophone.

De son côté, Nathalie Des Rosiers a rappelé que son parti a déposé un projet de loi privé afin de revoir l’âge minimum.

« L’idée, c’est d’étendre le droit de vote pour que tous puissent participer, affirme la libérale. [...] Les jeunes ont souvent la chance d’être mieux informés comme c’est le cas aujourd’hui avec le débat. »

Pour sa part, David McGruer croit que les jeunes n’ont pas assez de connaissances et que la limite devrait même être augmentée à 20 ou 25 ans.

« Si c’est basé sur l’âge, les jeunes devraient avoir une meilleure éducation politique », croit quant à lui Keegan Bennett.

En matière de francophonie, les candidats se sont exprimés sur l’ouverture de l’Université de l’Ontario français prévue en 2020.

M. McGruer croit que l’éducation doit être un choix libre et que le gouvernement ne doit pas tout contrôler. « Si je veux une éducation en français, je paie pour une éducation en français. Dans une société libre, on permet toutes sortes d’éducation », illustre-t-il.

La néo-démocrate soutient que même si l’établissement ouvre ses portes à Toronto, l’Université d’Ottawa ne devrait pas subir de répercussions négatives. « Il y a tout un autre bassin de francophones qui pourrait bénéficier de cet emplacement », a-t-elle dit.

Pour sa part, Mme Des Rosiers soutient que les Franco-Ontariens ont le droit d’avoir des choix et plusieurs options disponibles quand vient le temps d’étudier dans la langue de Molière. Son rival, M. Bennett, abonde dans le même sens en affirmant que les étudiants doivent avoir accès à l’éducation.