Le premier ministre François Legault a terminé premier au scrutin de la Presse canadienne des personnalités ayant le plus marqué l’actualité au Canada en 2018 avec 38 % des voix.

Legault «personnalité de l’année»

François Legault, qui aura réussi à rompre avec un demi-siècle d’alternance péquistes-libéraux à la tête du gouvernement québécois, est choisi «personnalité qui a le plus marqué l’actualité au Canada en 2018» par une majorité de responsables de l’information francophone.

À l’issue du sondage annuel mené par La Presse canadienne auprès de ses clients, le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) obtient 38 pour cent des voix (cinq sur 13). Il est suivi de près par son homologue de l’Ontario, Doug Ford (quatre voix), et par la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland (trois voix), qui est allée au front cette année pour négocier un nouvel accord de libre-échange nord-américain.

À l’échelle du pays, les responsables des salles de nouvelles ont choisi comme «personnalité médiatique de l’année» les Broncos de Humboldt, l’équipe de la Ligue de hockey junior majeur qui a été partiellement décimée dans un accident d’autocar en avril.

Pour les répondants québécois, François Legault aura marqué l’histoire contemporaine du Québec «en devenant premier ministre et chef d’un parti autre que ceux qui ont dominé la politique québécoise au cours de la dernière moitié du siècle», soutient Valérie Gaudreau, rédactrice en chef du Soleil. «Sa victoire, qui a porté un coup dur aux deux partis traditionnels, le Parti libéral et le Parti québécois, en reconstruction, suscite aussi de vives attentes. Il sera à surveiller en 2019.»

Stéphan Frappier, rédacteur en chef au quotidien «Le Nouvelliste», ajoute qu’»en deux semaines à l’Assemblée nationale, la CAQ a déjà déposé des projets de loi qui auront un impact sur la société québécoise». Les quotidiens «Le Devoir» et «La Voix de l’Est» ont aussi voté pour M. Legault.


« Sa victoire, qui a porté un coup dur aux deux partis traditionnels, le Parti libéral et le Parti québécois, en reconstruction, suscite aussi de vives attentes. Il sera à surveiller en 2019 »
Valérie Gaudreau, rédactrice en chef du Soleil

Dans l’Outaouais, c’est plutôt l’élection de Doug Ford - et le sort qu’il a ensuite réservé aux Franco-Ontariens - qui a retenu l’attention du rédacteur en chef au quotidien «Le Droit». «Doug Ford a eu une ascension politique fulgurante dans la dernière année, écrit Patrice Gaudreault. Ses coupes dans les services en français ont provoqué une crise linguistique d’envergure nationale, qui continuera de faire la manchette en 2019.»

À «La Presse», le directeur principal de l’information croit lui aussi que «Doug Ford a de loin été la personnalité la plus flamboyante de l’année et celle qui a le plus monopolisé l’attention médiatique». Jean-François Bégin estime que «les décisions souvent controversées de son gouvernement, incluant celle de couper le financement du projet d’université francophone à Toronto, ont fait de lui un acteur incontournable de la politique ontarienne et canadienne». Le magazine «L’Actualité» et le site HuffPost Québec ont aussi voté pour M. Ford.

La ministre Freeland, qui s’est illustrée dans la négociation avec Washington, a obtenu au Québec la faveur de Radio-Canada, de Cogeco Nouvelles et de la radio M105 de Granby.

Les joueurs des Broncos

À l’échelle du pays, Mme Freeland a obtenu plus de votes que Doug Ford, mais moins que les joueurs des Broncos de Humboldt. Cette tragédie a reçu 56 votes sur 129 (43 pour cent) de la part de chefs de nouvelles des deux langues officielles sondés par l’agence de presse. La ministre Freeland s’est classée au deuxième rang avec 26 pour cent, suivie du premier ministre Ford avec neuf pour cent des voix.

La tragédie des Broncos avait déjà été choisie par 41 pour cent des répondants comme «la nouvelle ayant le plus marqué l’actualité au Canada en 2018», devant la légalisation du cannabis à des fins récréatives.

«Bien qu’ils ne soient pas des personnalités individuelles, les joueurs des Broncos de Humboldt ont défini en équipe ce que signifie d’être Canadien», a écrit Dawn Walton, rédactrice en chef dans la salle de nouvelles de CTV à Calgary. «Aucune autre nouvelle n’aura réuni le pays comme celle-là.»

Kennedy Gordon, rédacteur en chef du «Peterborough Examiner», estime que «chaque joueur, chaque parent, chaque amateur de hockey a été touché au coeur» par cette tragédie. «L’impact de cette nouvelle a été ressenti dans tout le pays, pas seulement pour la tragédie elle-même, mais également pour la manière dont les communautés ont ensuite démontré leur soutien à l’équipe.»

Seize joueurs et membres du personnel de l’équipe ont été tués et 13 autres blessés lorsque leur autocar est entré en collision avec un semi-remorque à un croisement d’une route rurale du nord de la Saskatchewan, le 6 avril. Des donateurs de plus de 80 pays ont versé plus de 15 millions $ à une campagne de sociofinancement pour soutenir les victimes et leurs proches.

«La plupart des Canadiens, qu’ils vivent dans des villes ou des agglomérations urbaines, peuvent s’identifier à la passion et à la promesse de jeunes athlètes de poursuivre leur rêve: une carrière au hockey», a expliqué Lucinda Chodan, vice-présidente de la rédaction du groupe de presse Postmedia. «La tragédie qui a frappé les Broncos de Humboldt est devenue non seulement une nouvelle canadienne, mais une nouvelle internationale.»

Nancy Coulombe, rédactrice en chef au portail MSN Québec, a aussi voté pour les joueurs des Broncos.