Accompagné de sa femme, Isabelle Brais, le premier ministre du Québec François Legault a eu droit à une visite guidée du temple californien du hockey et du basketball, organisée par le président des Kings de Los Angeles, le Québécois Luc Robitaille.

Legault courtise Hollywood

LOS ANGELES — Risque-t-on de voir plus souvent Brad Pitt et Bradley Cooper arpenter les rues de Montréal, en marge du tournage de leur prochain succès au box-office?

C’est du moins ce que souhaite le premier ministre François Legault, qui rencontrera lundi quelques-uns de ceux qui sont reconnus pour tirer les ficelles du cinéma hollywoodien, afin de les convaincre de choisir Montréal pour lieu de tournage de leurs prochaines productions cinématographiques.

Il veut surtout les inciter à changer d’approche, en leur demandant de s’engager à s’installer pour plusieurs tournages à Montréal, au lieu d’y aller à la pièce, procurant ainsi une certaine stabilité d’emploi aux techniciens québécois qui gravitent dans cette industrie.

Mesures fiscales avantageuses

En échange, le premier ministre serait disposé à offrir aux producteurs américains des mesures fiscales avantageuses, sous forme de crédit d’impôt ou autre, ce qui pourrait les convaincre de préférer Montréal à ses deux rivales, Toronto et Vancouver.

C’est en substance ce qu’il a indiqué, dimanche, lors d’une mêlée de presse, à Los Angeles, en marge de la mission de quatre jours qu’il dirige en Californie.

Le monde du cinéma est un des trois enjeux de la mission, avec l’avenir de la bourse du carbone et la recherche de partenariats à conclure entre le monde universitaire et celui de l’industrie.

Année après année, il se tourne toujours davantage de films étrangers au Québec. Mais le premier ministre croit qu’on pourrait faire davantage pour donner un caractère plus «permanent» à ce secteur d’activité en pleine expansion.

«Ce qu’on veut, c’est qu’il y ait plus de permanence» dans l’industrie québécoise du tournage, a indiqué le premier ministre.

«Ce que je veux essayer de faire avec les compagnies de production - Walt Disney, Sony, Netflix - c’est de leur dire : pourquoi vous ne venez pas de façon un peu plus permanente, plutôt que de venir par projet?» a-t-il ajouté, en disant qu’il était prêt à offrir aux géants américains du cinéma «de meilleurs avantages financiers», s’ils sont disposés en retour à garantir «un certain nombre d’emplois sur un certain nombre d’années».

L’idée consisterait à leur remettre une partie des revenus fiscaux additionnels dans les coffres de l’État engendrés par des tournages étrangers procurant «100-200 emplois, au moins sur une période de trois à cinq ans», a calculé le premier ministre, qui ne se fixe pas d’objectif précis, en termes de nombre de tournages idéal à atteindre au Québec dans les années qui viennent.

Pour le trésor québécois, les retombées économiques de ces productions cinématographiques étrangères ne sont pas négligeables.

Et le Bureau du cinéma et de la télévision du Québec croit lui aussi qu’elles pourraient être encore plus importantes. Le Bureau veut voir les dépenses de tournages étrangers à Montréal atteindre un total de 700 millions $, en 2022. L’an dernier, elles ont frôlé les 400 millions $.

Déjà, pour les attirer chez nous, les producteurs étrangers ont droit à des crédits d’impôt qui peuvent atteindre jusqu’à 36 % des dépenses, principalement sur le coût de la main-d’œuvre.

Par rapport à ses deux rivales canadiennes, Montréal a plusieurs atouts, selon M. Legault. La ville offre un milieu «créatif», sans compter ses deux «immenses» studios, Montréal Grandé et Mels, et son expertise reconnue dans le secteur des effets spéciaux.

Le taux de change, très avantageux pour les Américains, peut aussi peser lourd dans la balance.

Lundi, M. Legault rencontrera donc en rafale les dirigeants de Netflix, de Sony Pictures Studios et de Walt Disney, pour voir s’ils seront réceptifs à ses arguments.

Sur l’heure du midi, il cassera la croûte avec le réalisateur de la série télé à succès Petits secrets, grands mensonges, Jean-Marc Vallée, devenu une valeur sûre à Hollywood, comme en témoignent les prix Emmy reçus pour son travail ces dernières années.

Visite du Staples Center

Après une semaine mouvementée à l’Assemblée nationale, qui s’est conclue par un bâillon sur le projet de loi 34, samedi soir, M. Legault est arrivé dimanche midi à Los Angeles, et, en bon amateur de hockey, n’a pas tardé à se rendre au Staples Center, au centre-ville, pour y rencontrer le président des Kings de Los Angeles, le Québécois Luc Robitaille, lui-même un ancien joueur de l’équipe et membre du Panthéon du hockey.

Accompagné de sa femme, Isabelle Brais, le premier ministre a eu droit à une visite guidée du temple californien du hockey et du basketball, incluant un détour par le vestiaire des joueurs.